Un expert : « Les États-Unis doivent accorder la priorité à la menace chinoise »


Principaux renseignements

  • Les États-Unis doivent abandonner leur stratégie actuelle dans le golfe Persique pour éviter une impasse militaire.
  • Les interventions terrestres risquent d’entraîner un enlisement insoutenable et coûteux.
  • Un repli stratégique permettrait à Washington de se concentrer en priorité sur la menace existentielle que représente la Chine.

Le Dr Robert Kelly, de l’Université nationale de Pusan, affirme dans 19fortyfive que les États-Unis doivent abandonner leur stratégie actuelle dans le golfe Persique afin d’éviter une impasse militaire dévastatrice. Selon Kelly, les tensions persistantes entre les États-Unis et l’Iran se sont enlisées dans une impasse.

Alors que le président Trump pourrait souhaiter résoudre rapidement le conflit, le vaste arsenal de drones et de missiles de l’Iran, combiné à des systèmes de défense côtière efficaces, a réussi à tenir les forces navales américaines à distance. La réticence de la marine américaine à exposer sa flotte à des menaces aériennes iraniennes peu coûteuses a empêché l’armée américaine de remporter une victoire décisive.

Les risques d’une escalade terrestre

Le chercheur met en garde contre le fait que la seule voie restante vers une victoire militaire nécessiterait le déploiement de troupes terrestres, comme une éventuelle prise de l’île de Kharg. Cependant, une telle initiative risquerait fort de reproduire les échecs américains passés au Moyen-Orient, où des interventions limitées ont dégénéré en bourbiers incontrôlables. L’histoire montre qu’une escalade progressive à la recherche d’une victoire définitive conduit souvent à des pertes insoutenables et à un enlisement plus profond.

Au lieu de poursuivre une guerre impossible à gagner, Kelly propose un « retrait ». Il soutient que les États-Unis doivent reconnaître qu’ils se sont trop étendus et concentrer leur énergie et leurs ressources sur la menace stratégique plus importante que représente la Chine.

Comment cela se passait-il autrefois ?

À l’inverse, l’auteur cite le retrait de la Grande-Bretagne de ses territoires situés à l’est de Suez dans les années 1970 comme un exemple réussi de limitation des pertes visant à préserver la stabilité nationale. De même, les États-Unis ont tiré cette leçon après la guerre du Vietnam, en prenant conscience que se retirer d’Asie du Sud-Est n’avait pas entraîné un effondrement mondial de leurs intérêts.

En appliquant cette logique au golfe Persique, Kelly note que, malgré des décennies de domination depuis 1991, l’implication des États-Unis n’a produit que des résultats positifs minimes pour un coût immense. L’instabilité régionale, la montée de l’islamisme et la persistance des régimes autoritaires perdurent malgré des dépenses financières et humaines colossales. Il soutient que ni la sécurité d’Israël ni les flux mondiaux de pétrole ne nécessitent une présence militaire américaine permanente, car tous les acteurs régionaux, y compris l’Iran, tirent profit d’un commerce libre.

Nouvelle priorité

En fin de compte, l’auteur affirme que les États-Unis ne peuvent plus remodeler le Moyen-Orient ni lui imposer la libéralisation. Il suggère que le retrait de l’influence américaine contraindrait en réalité les factions locales à résoudre leurs propres conflits sectaires plutôt que de manipuler Washington à leurs propres fins. Compte tenu des priorités de l’ère moderne, la lutte contre la Russie et la Chine l’emporte largement sur l’intérêt de maintenir un pied dans le Golfe.

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