Principaux renseignements
- L’armée de l’air utilise des simulateurs de signature radar pour reproduire les systèmes de missiles russes à l’intention des pilotes de F-35.
- Les partenariats avec des universités locales constituent un moyen économique de développer des outils d’entraînement réalistes.
- Un entraînement réaliste à l’utilisation des capteurs augmente les chances de survie des pilotes dans les espaces aériens contestés.
Afin de mieux préparer les pilotes de F-35 Lightning II à évoluer dans des environnements à haut risque, l’armée de l’air américaine a mis en place, à Kingsley Field dans l’Oregon, des cibles factices dotées de signatures radar. Ces systèmes reproduisent les profils radar du SA-17 Buk-M2 russe, un système de missiles sol-air à moyenne portée. C’est ce que rapporte Army Recognition.
En simulant ces menaces de manière réaliste, les équipages peuvent se familiariser avec des signatures radar authentiques avant même leur déploiement opérationnel. Cela devrait améliorer leur capacité à opérer dans un espace aérien contesté, protégé par des réseaux de défense aérienne sophistiqués.
Financement
Ce projet est le fruit d’une collaboration entre la 173e escadre de chasse de la Garde nationale aérienne de l’Oregon et le Klamath Community College. Le développement initial a été soutenu par une subvention d’environ 65 000 dollars (environ 57 000 euros) provenant du programme d’innovation ARCWERX. Cette initiative démontre l’efficacité de la combinaison d’investissements stratégiques à petite échelle et de partenariats industriels régionaux pour améliorer rapidement les capacités de formation militaire.
S’adapter à la guerre moderne
Cette stratégie est une réponse directe aux enseignements tirés de la guerre contemporaine, où les systèmes intégrés de défense aérienne constituent un obstacle majeur à l’établissement de la suprématie aérienne.
Les pilotes doivent apprendre à reconnaître et à combattre ces menaces. Cette formation doit permettre d’améliorer l’exécution des missions et d’augmenter les chances de survie des équipages lors de futurs conflits.
Développement de simulations réalistes
La phase initiale du déploiement comprenait deux répliques grandeur nature du SA-17 Buk-M2 et trois simulateurs de sites radar. Bien que ces modèles ne disposent pas de composants électroniques actifs ni de radar fonctionnel, ils sont conçus pour reproduire les caractéristiques physiques détectées par les capteurs du F-35. Cela permet aux aviateurs d’affiner leurs compétences en matière d’identification et de réaction face à des menaces avancées, sans les coûts ni les difficultés logistiques liés à l’utilisation de matériel ennemi réel.
Maîtrise des capteurs
Les essais menés par la 56e escadre de chasse à la base aérienne de Luke — plaque tournante centrale de la formation au F-35 — ont confirmé que les simulateurs fournissent des signatures radar précises.
Contrairement aux simples outils visuels, ces cibles permettent aux pilotes d’utiliser les capteurs intégrés du F-35, ce qui leur permet de maîtriser l’interprétation des données tactiques et la gestion des capteurs avant de passer à des exercices opérationnels plus complexes.
Extension du programme
Fort de ces résultats positifs, la direction A3/10 du Bureau de la Garde nationale américaine a alloué 100 000 dollars supplémentaires (environ 87 600 euros) pour étendre le programme. Cette extension arrive à point nommé, alors que Kingsley Field est en passe de devenir une unité de formation formelle de premier plan pour le F-35. En permettant aux élèves-pilotes d’accéder à des menaces représentatives depuis leur base d’attache, on réduit au minimum le fossé de formation lors de leur transition des avions plus anciens vers les avions de combat de cinquième génération.
Évolutivité
Le succès du modèle de l’Oregon a suscité l’intérêt d’autres escadres de chasse de la Garde nationale aérienne. Nombre d’entre elles cherchent désormais à établir des partenariats similaires avec des universités locales afin de créer leurs propres moyens de simulation de signatures radar. Une telle généralisation offrirait à l’armée de l’air une méthode évolutive et économique pour améliorer la formation, tout en soutenant la production locale et le développement des compétences techniques.
Donner la priorité aux capacités de survie futures
Cette nouvelle approche de la formation témoigne de l’importance croissante accordée par l’armée de l’air aux opérations dans des zones fortement défendues. En intégrant des simulations réalistes de défense aérienne dès le début du cycle de formation, l’armée vise à accroître la capacité de survie de ses équipages et à s’assurer qu’ils sont prêts à affronter des réseaux adverses sophistiqués. (lv)
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