Principaux renseignements
- Des experts de l’ONU avertissent que les opérations militaires israéliennes au Liban pourraient constituer des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.
- Les déplacements forcés de population et l’utilisation présumée de phosphore blanc sont contraires au droit international humanitaire.
- Les populations vulnérables sont confrontées à une grave crise sanitaire alors que les attaques incessantes continuent de détruire les infrastructures de soins.
Un groupe d’experts de l’ONU a averti que les opérations militaires israéliennes au Liban pourraient être qualifiées de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre. Les experts se réfèrent à cet égard à des informations faisant état d’attaques contre des civils et de déplacements forcés.
Dans une communication récente, ces experts ont noté que les directives de déplacement soudain émises au Liban reflètent celles observées précédemment à Gaza.
Déplacements forcés et droit au retour
Le groupe d’experts a mis en avant des données fiables indiquant qu’un grand nombre de civils ont été chassés de leurs foyers, que des dizaines de milliers d’entre eux sont empêchés de rentrer chez eux, tandis que de plus en plus de régions du Liban sont tombées sous occupation.
Selon les experts, les évacuations ne doivent être utilisées qu’à titre de mesures d’urgence exceptionnelles et temporaires, exclusivement pour protéger les civils ou pour des raisons militaires cruciales. Elles ne doivent pas servir à dépeupler des zones ou à s’emparer de terres.
En outre, les experts ont affirmé que les personnes déplacées possèdent le droit inhérent de retourner à leur domicile en toute sécurité et de leur plein gré dès que les raisons de leur déplacement auront disparu.
Inquiétudes concernant le phosphore blanc
La crise humanitaire touche particulièrement les femmes et les filles. Depuis mars, environ 620 000 personnes auraient été déplacées. Parmi elles, on estime à 16 000 le nombre de femmes enceintes, dont beaucoup ont dû accoucher dans des conditions dangereuses et dans des lieux surpeuplés en raison de la destruction des maternités et d’autres structures de soins. Par ailleurs, les experts ont exprimé de vives inquiétudes concernant les informations faisant état de l’utilisation de phosphore blanc dans des quartiers peuplés, ce qui peut causer des dommages durables à la santé, une insuffisance respiratoire et de graves brûlures.
Violations du droit international
Depuis l’escalade du conflit le 2 mars, le nombre de victimes a fortement augmenté : selon les rapports, on dénombre plus de 4 300 morts — dont au moins 253 enfants et 392 femmes — et plus de 12 000 blessés. Le groupe des Nations unies a conclu que ces actions collectives constituaient une violation du droit international humanitaire, en particulier des principes de proportionnalité, de distinction et de l’interdiction des frappes aveugles.
Appel au respect du droit international
En réaction à cela, les experts ont exigé que toutes les parties concernées, y compris Israël, respectent les normes juridiques internationales. Ils ont plaidé en faveur du maintien de la souveraineté libanaise et de la mise en œuvre immédiate de l’accord de cessez-le-feu de 2024, conformément à la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies. (lv)
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