L’Iran a tiré jusqu’à 6 milliards de dollars de ses exportations de pétrole pendant la brève trêve avec les États-Unis


Principaux renseignements

  • L’Iran a encaissé jusqu’à 6 milliards de dollars (environ 5,2 milliards d’euros) grâce à l’exportation de 70 millions de barils de pétrole lors d’une brève suspension du blocus.
  • Grâce à des transbordements de navire à navire dans les eaux internationales, l’Iran a pu contourner les sanctions américaines.
  • Ces recettes viennent renflouer les réserves financières du régime et soutiennent la confrontation continue avec les États-Unis.

À la suite d’un accord de courte durée conclu le 17 juin, dans le cadre duquel les États-Unis ont suspendu leur blocus maritime, l’Iran a agi rapidement pour exporter une quantité considérable de pétrole brut stocké. En l’espace de quelques semaines, entre la mi-juin et la mi-juillet, environ 70 millions de barils de pétrole ont été expédiés. Les experts du marché et l’organisation américaine United Against Nuclear Iran estiment que ces expéditions ont rapporté entre 5 et 6 milliards de dollars (entre 4,3 et 5,2 milliards d’euros). Cela confère au gouvernement iranien une importante marge de manœuvre financière, alors que le blocus du détroit d’Ormuz est de nouveau en vigueur. C’est ce que rapporte le Wall Street Journal.

Stratégies visant à contourner les sanctions

La logistique de ces exportations a mobilisé une flotte d’une vingtaine de pétroliers, parmi lesquels des navires tels que le Sonia 1, le Hero II, le Diona et le Stream, qui ont commencé à se rassembler au large de la côte est de la Malaisie fin juin. Afin de contourner les sanctions américaines, l’Iran a eu recours à sa stratégie habituelle : acheminer le pétrole vers les limites extérieures du port (Eastern Outer Port Limits).

Dans ces eaux internationales, le brut est transféré à l’aide de gros tuyaux vers différents pétroliers, qui livrent ensuite la cargaison à des raffineries indépendantes de type « teapot » en Chine à des prix réduits. Cette méthode de transfert de navire à navire complique la tâche des autorités américaines chargées de surveiller et d’empêcher ces transactions.

Fenêtre financière cruciale

Le moment choisi pour cette augmentation était crucial. Selon Charlie Brown, analyste chez United Against Nuclear Iran, l’économie iranienne aurait été soumise à de fortes pressions financières si le blocus était resté en vigueur. Au lieu de cela, ce report temporaire a permis à l’Iran de reconstituer ses réserves. Fin juin, l’Iran avait acheminé environ 50 millions de barils vers l’Asie, un volume comparable à un mois complet d’exportations habituelles vers la Chine avant la guerre.

Nécessité économique

La nécessité stratégique de ces fonds est soulignée par la situation économique désastreuse de l’Iran, qui se trouve actuellement à son niveau le plus bas depuis la révolution. Jonathan Panikoff, de l’Atlantic Council, note que le régime considère chaque source de revenus comme essentielle. Ces recettes devraient en premier lieu être affectées à des objectifs stratégiques du gouvernement, notamment dans le cadre de la confrontation persistante avec les États-Unis. (lv)

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