L’UE reporte l’entrée en vigueur de règles plus strictes en matière d’émissions afin de protéger l’industrie


Principaux renseignements

  • L’UE souhaite ralentir la réduction des plafonds d’émissions au sein du marché européen du carbone afin de soutenir l’industrie.
  • La prolongation de la durée de validité des quotas doit permettre de mieux aligner la suppression progressive des quotas d’émission gratuits sur les nouvelles taxes à l’importation.
  • L’UE souhaite porter la part de l’électricité dans la consommation totale d’énergie à 46 pour cent d’ici 2040.

Afin d’atténuer la pression financière pesant sur son secteur industriel, l’Union européenne s’apprête à ralentir la réduction des plafonds d’émissions au sein de son marché du carbone. Selon des sources proches du dossier, la Commission européenne souhaite proposer une révision du système d’échange de quotas d’émission (SEQE). La proposition prévoit une baisse annuelle du plafond d’émissions de 3,7 pour cent entre 2031 et 2035, puis un ralentissement supplémentaire à 1,7 pour cent à partir de 2036.

Changement de cap sous la pression du secteur industriel

Ce changement stratégique fait suite à un lobbying intense de la part des représentants de l’industrie et des gouvernements nationaux. Les inquiétudes concernant la compétitivité mondiale de l’Europe se sont intensifiées alors que les tensions géopolitiques au Moyen-Orient ont fait grimper les coûts énergétiques.

En assouplissant les règles, l’UE souhaite maintenir la viabilité de la transition vers les énergies vertes, tout en continuant à inciter les entreprises à réduire rapidement leurs émissions. Ce changement permettrait également de continuer à délivrer des autorisations après 2039, date à laquelle la réglementation actuelle aurait dû supprimer complètement le plafond.

Divisions entre les États membres

Les ajustements proposés ont suscité un débat parmi les États membres. Alors que certains pays soucieux de l’environnement plaident en faveur du maintien du taux de réduction actuel de 4,4 pour cent, d’autres prônent une baisse inférieure à 3 pour cent. Le SCEQE, lancé en 2005, réglemente environ 10 000 sites dans les secteurs des engrais, du ciment et de l’acier, dans le cadre d’un objectif plus large visant à réduire les émissions de 90 pour cent par rapport aux niveaux de 1990 d’ici 2040.

Protection contre la concurrence internationale

Afin de protéger les entreprises européennes contre la concurrence déloyale de régions telles que les États-Unis et la Chine, la Commission prévoit d’aligner la suppression progressive des quotas d’émission gratuits sur la mise en place du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM). Cette taxe impose un coût du carbone sur certaines marchandises importées. Le calendrier actuel prévoyant la suppression des quotas gratuits d’ici 2034 serait repoussé à 2037.

Intégration des crédits internationaux

Une flexibilité accrue pourrait être introduite grâce à l’intégration de crédits internationaux. La proposition suggère d’autoriser ces crédits à représenter 2 pour cent du plafond principal du SEQE, avec 3 pour cent supplémentaires alloués à des secteurs tels que la sylviculture, l’agriculture et le marché SEQE-2, qui couvre les bâtiments et les transports. L’UE prévoit toutefois de gérer ces crédits de manière centralisée, plutôt que de laisser les entreprises les utiliser directement pour respecter leurs obligations.

Nouveaux objectifs en matière d’électrification

Par ailleurs, l’UE devrait introduire un objectif provisoire d’électrification afin de réduire la dépendance aux combustibles fossiles et de renforcer le marché national des technologies propres. Cet objectif s’inscrirait dans le cadre d’une stratégie énergétique pour l’après-2030, qui sera proposée dans le courant de l’année. Ce plan vise à faire en sorte que l’électricité représente 46 pour cent de la consommation totale d’énergie d’ici 2040. (lv)

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