Principaux renseignements
- L’Arabie saoudite réoriente ses expéditions de pétrole brut vers le port de Yanbu afin de contourner l’instabilité qui règne dans le golfe Persique.
- Un oléoduc est-ouest de 1 200 kilomètres de long permet ces transferts, mais sa capacité est actuellement insuffisante pour acheminer l’ensemble des flux d’exportation vers l’étranger.
- Les menaces régionales émanant des militants houthis et les vulnérabilités des infrastructures pourraient à terme contraindre à des réductions de production.
Afin de limiter les risques liés à l’instabilité dans le golfe Persique, l’Arabie saoudite développe considérablement le transport de pétrole brut via le port de Yanbu, sur la mer Rouge. Ce recentrage est avant tout une réponse aux perturbations autour du détroit d’Ormuz, aux hostilités persistantes impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran, ainsi qu’aux menaces de la milice houthiste au Yémen.
En recourant à cette voie alternative occidentale, Saudi Aramco entend éviter la congestion maritime et les risques sécuritaires qui ont conduit de nombreux navires à se retrouver bloqués dans le Golfe.
La voie d’exportation vers l’Ouest offre une solution, mais ses capacités sont limitées
Les données font état d’une forte augmentation de l’activité au terminal de Yanbu, les chargements quotidiens étant passés de 3,36 millions de barils le 10 juillet à 4,7 millions de barils le 13 juillet. Pour faciliter cette transition, Aramco collabore avec des clients asiatiques et des compagnies maritimes afin de réacheminer les cargaisons du golfe Persique vers la mer Rouge.
Ces efforts sont soutenus par un oléoduc est-ouest de 1 200 kilomètres, capable de transporter quotidiennement jusqu’à 5 millions de barils depuis les champs pétroliers de l’est vers la côte. Cependant, les exportations de l’Arabie saoudite ayant récemment atteint environ 7,2 millions de barils par jour – contre une production totale de 10 millions de barils par jour – , la capacité actuelle des oléoducs reste insuffisante pour acheminer l’ensemble des volumes destinés aux marchés d’outre-mer.
L’itinéraire alternatif reste vulnérable en raison de la menace des Houthis
Malgré les avantages liés au contournement du détroit d’Ormuz, la mer Rouge présente ses propres dangers. Les experts du secteur avertissent que Yanbu pourrait devenir une cible, et les militants houthis ont menacé de s’en prendre aux navires dans la région, ce qui a conduit certaines grandes compagnies maritimes à éviter cette route. Ces instabilités régionales ont déjà eu des répercussions sur les infrastructures saoudiennes, notamment la fermeture de la raffinerie de Ras Tanura suite à une attaque de drone.
De nouveaux investissements sont nécessaires
D’autres craintes existent : si le trafic maritime continue de stagner, le débordement des réservoirs de stockage pourrait à terme contraindre le royaume à réduire ses niveaux de production pétrolière. Pour remédier à ces vulnérabilités à long terme, l’Arabie saoudite étudie des projets d’extension de son réseau d’oléoducs dans l’ouest du pays afin de sécuriser davantage ses capacités d’exportation.
(at)
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

