Principaux renseignements
- La Russie se sépare de son unique porte-avions, l’Amiral Kuznetsov, après une restauration infructueuse qui a coûté plus d’un milliard d’euros.
- La corruption systémique et l’incompétence technique ont paralysé la remise en état du navire.
- Cette perte prive le pays de ses capacités de projection de puissance à l’échelle mondiale.
L’Amiral Kuznetsov, seul porte-avions de la Russie, est voué à la casse après neuf années de tentatives désastreuses de remise en état qui ont coûté environ 1 milliard d’euros. Le déclin de ce navire illustre de manière frappante les défaillances systémiques et la corruption au sein de l’infrastructure navale russe.
Accumulation de problèmes
Le déclin du navire a été marqué par une série d’accidents catastrophiques à partir de 2017. Lors d’une manœuvre d’accostage ratée en 2018, la cale sèche flottante PD-50 a cédé et a coulé, provoquant la chute d’une grue de 70 tonnes sur le pont d’envol et causant un décès. Les efforts de réparation qui ont suivi ont été entachés par de nouvelles tragédies ; en 2018, une erreur de soudure a provoqué l’inflammation d’une conduite de carburant, tuant deux ouvriers et causant de graves dommages internes. Un autre incendie s’est déclaré fin 2022, venant s’ajouter à une série d’incendies remontant à 2009.
Au-delà des accidents matériels, le projet a été paralysé par la criminalité financière, ce qui a conduit à l’arrestation en 2021 d’un directeur du chantier naval pour détournement de fonds.
Abandonner
En 2025, l’armée russe a décidé que le porte-avions était irrécupérable. Cette décision a été influencée par l’escalade des coûts de réparation, le manque de pièces de rechange dû aux sanctions internationales et un changement de réflexion stratégique, les commandants de la marine commençant à considérer les porte-avions comme vulnérables face aux drones et aux missiles modernes.
De plus, le conflit en cours en Ukraine a détourné à la fois les ressources financières et le personnel destinés à ce navire.
Implications stratégiques et position sur la scène internationale
La perte du Kuznetsov prive la Russie de tout porte-avions opérationnel, privant de fait le pays de sa capacité à projeter sa puissance loin de ses côtes. Bien que la Russie dispose d’une flotte sous-marine puissante, elle n’a pas la capacité de déployer des groupes aéronavals, ce qui place ses capacités navales de surface à un niveau comparable à celui des pays en développement.
Cet échec est encore accentué par le succès de la Chine, qui a acquis le navire jumeau du Kuznetsov, le Varyag, et l’a intégré avec succès dans sa marine sous le nom de Liaoning.
Un symbole du déclin industriel
L’incompétence technique a scellé le sort du navire, ses chaudières étant si défectueuses que le navire avait souvent besoin de remorqueurs pour se déplacer. De plus, la Russie ne disposait pas d’une flotte moderne d’avions embarqués pour rendre le navire viable. En raison de son état de délabrement, aucun autre pays n’est intéressé par l’achat de ce navire.
En fin de compte, la saga de l’Amiral Kouznetsoff révèle un fossé entre les ambitions mondiales du Kremlin et ses capacités industrielles réelles. Bien qu’il s’agisse d’un cas d’école parfait en matière de mauvaise gestion et d’échec technique, rien n’indique que les responsables militaires russes tireront les leçons de ces erreurs pour éviter de futurs échecs dans la construction navale. (fc)
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