Principaux renseignements
- L’impôt sur les sociétés que Meta devrait payer en Belgique devrait baisser de plus de 50 pour cent en 2025.
- Le transfert des bénéfices vers l’Irlande permet de minimiser les obligations fiscales dans les juridictions où les taux d’imposition sont plus élevés.
- Une restructuration interne et des réductions d’effectifs ont considérablement réduit l’empreinte de la filiale locale.
Il ressort des rapports financiers de Facebook Belgium SRL, rapportés par De Tijd, que l’impôt sur les sociétés payé par Meta en Belgique baissera à 917 489 euros pour l’exercice 2025. Cela représente une baisse significative par rapport aux 1,89 million d’euros versés en 2024. Au cours de l’année précédente, la filiale locale du géant américain de la technologie a vu son chiffre d’affaires reculer de 5,4 pour cent pour s’établir à 103,63 millions d’euros, tandis que son résultat d’exploitation a chuté de 6,9 millions à 3,27 millions d’euros.
La stratégie du « coût majoré »
Selon Xavier Degraux, consultant en marketing numérique, cela indique le recours à un « modèle coût majoré », dans le cadre duquel la société belge se voit rembourser ses frais locaux par la société mère, auxquels s’ajoute une marge bénéficiaire limitée.
Par conséquent, la majeure partie des recettes publicitaires provenant des clients belges contourne probablement la comptabilité locale, les entreprises étant facturées via un système automatisé basé en Irlande. Degraux estime que le chiffre d’affaires réel de Meta en Belgique pourrait se situer entre 350 et 400 millions d’euros, dépassant de loin les chiffres déclarés, étant donné que le marché national de la publicité sur les réseaux sociaux est évalué à environ 650 à 700 millions d’euros par an.
Optimisation fiscale via l’Irlande
L’entreprise tire profit du transfert de ses bénéfices vers l’Irlande, où le taux d’imposition des sociétés de 12,5 pour cent — ou l’impôt minimum mondial de 15 pour cent pour les grandes entreprises — est nettement inférieur au taux belge de 25 pour cent.
L’ampleur de cette opération est illustrée par le fait que la filiale irlandaise de Meta représentait environ 60 pour cent du chiffre d’affaires mondial total du groupe, qui s’élevait à 164,5 milliards de dollars (144 milliards d’euros) en 2024. Le fiscaliste Emmanuel Degrève souligne que les autorités belges disposent d’un pouvoir limité pour imposer les revenus générés en dehors de leur juridiction, une pratique courante chez les entreprises technologiques qui peuvent facilement fournir des services numériques depuis l’étranger.
Restructuration interne
D’autres changements notables apparaissent dans les comptes annuels. À compter de janvier 2025, Meta a mis en place un mécanisme de « cash pooling » afin de centraliser les excédents et déficits financiers au sein du groupe, remplaçant 8,95 millions d’euros d’actifs liquides par une créance à court terme. De plus, l’entreprise a réduit ses effectifs de moitié, pour atteindre 22,1 équivalents temps plein, et a mis fin en mars 2025 à un contrat d’assistance technique qui représentait auparavant 10 pour cent du chiffre d’affaires belge. Malgré un faible taux d’impôt sur les sociétés, l’entreprise a versé 8,95 millions d’euros de charges sociales l’année dernière, soit près de dix fois le montant de l’impôt sur les bénéfices.
Meta a refusé de faire tout commentaire concernant ces conclusions.
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