Principaux renseignements
- Les constructeurs automobiles chinois dépassent les entreprises américaines de plus de 60 milliards de dollars (environ 52,5 milliards d’euros) en matière d’investissements mondiaux dans les technologies propres.
- La saturation du marché intérieur pousse les marques chinoises à construire des usines à l’étranger pour contourner les droits de douane.
Une analyse récente du groupe de réflexion Atlas Public Policy révèle un écart significatif dans les dépenses internationales consacrées aux technologies propres. Entre 2019 et 2025, les constructeurs automobiles chinois ont investi près de 101 milliards de dollars (environ 88,5 milliards d’euros) dans des projets étrangers liés aux batteries et aux véhicules électriques (VE). Les entreprises américaines, en revanche, se sont engagées à investir un peu plus de 38 milliards de dollars (environ 33,3 milliards d’euros) au cours de cette période.
L’essor des nouveaux géants de l’industrie
Kyle Chan, chercheur à la Brookings Institution, suggère que des entreprises telles que BYD sont en train de devenir les forces dominantes de l’ère électrique, à l’image des rôles historiques joués par Ford et GM.
En mettant en place de vastes chaînes d’approvisionnement mondiales et en s’engageant dans des projets internationaux à long terme, ces entreprises s’assurent une position de leader qui sera de plus en plus difficile à contester.
Les moteurs de l’expansion mondiale
Plusieurs facteurs clés sont à l’origine de cette expansion chinoise. Premièrement, le marché intérieur chinois a atteint un point de saturation, où la surproduction et les baisses de prix agressives ont érodé les marges bénéficiaires, forçant les marques à se tourner vers l’extérieur.
Deuxièmement, de nombreux pays ont érigé des barrières commerciales pour protéger leurs propres industries ou pour négocier la création d’emplois locaux. En conséquence, la Chine a ciblé ses investissements sur des régions qui constituent soit des pôles de consommation majeurs, soit des portes d’entrée vers des blocs économiques plus vastes, comme par exemple l’utilisation d’une usine hongroise pour pénétrer le marché de l’Union européenne sans payer de droits de douane.
Les répercussions plus larges de la croissance du marché chinois des véhicules électriques
Au-delà de la simple croissance des ventes, cette stratégie mondiale permet aux entreprises chinoises d’affiner leurs réseaux de distribution, de sécuriser leurs chaînes d’approvisionnement et de faire progresser des technologies complexes telles que les groupes motopropulseurs, les capteurs et les logiciels.
Chan met en garde contre le fait que ces progrès créent un effet d’entraînement, stimulant des secteurs connexes tels que la robotique. Il fait valoir que ne pas suivre le rythme dans le secteur des véhicules électriques risque de priver les États-Unis d’avancées technologiques plus larges.
Diplomatie industrielle
Sur le plan stratégique, la Chine a implanté des sites de production en Amérique latine, en Asie, en Europe et en Afrique du Nord. Chan qualifie cette approche de « diplomatie industrielle », soulignant que ces investissements se concentrent souvent dans des pays avec lesquels la Chine entretient des liens étroits ou vise à renforcer ses relations diplomatiques.
(at)
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