Principaux renseignements
- Les syndicats européens réclament des mesures visant à mieux protéger les travailleurs contre la chaleur.
- Les projets de loi proposeraient d’imposer des arrêts de travail lorsque les températures dépassent des seuils de sécurité critiques.
- La résistance politique des États membres de droite menace l’adoption de réglementations contraignantes.
Les organisations syndicales européennes plaident en faveur d’une mise à jour de la législation afin de protéger les salariés contre les dangers de la chaleur extrême, qui est à l’origine d’environ 230 décès professionnels chaque année. Étant donné que l’Europe se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale, les récentes vagues de chaleur ont entraîné une forte augmentation du nombre de victimes, avec des chiffres allant de 1 300 à 20 000 selon divers rapports sanitaires. Les données de l’Institut syndical européen indiquent que jusqu’à 130 millions de personnes sont désormais exposées au stress thermique, ce qui entraîne 277 000 accidents du travail chaque année.
Limites thermiques proposées
Le cadre proposé, soutenu par trois grandes fédérations syndicales représentant 15 millions de salariés, vise à établir des limites thermiques juridiquement contraignantes. Ces limites seraient basées sur la température globe-bulbe humide (WBGT), qui évalue la capacité du corps à s’auto-refroidir.
Le projet suggère un seuil compris entre 30 et 32,5 degrés, en fonction de l’intensité physique du travail ; le dépassement de ces seuils entraînerait l’arrêt total du travail. Afin de garantir le respect de ces dispositions, la proposition prévoit des sanctions sévères à l’encontre des employeurs qui ne respecteraient pas ces obligations.
Renforcement des protections des travailleurs et des normes de sécurité
Parmi les exigences supplémentaires intégrées dans un projet de directive pour une « loi sur les emplois de qualité » figurent des évaluations obligatoires des risques liés à la chaleur, un accès garanti à l’eau et à l’ombre, des périodes de rafraîchissement désignées, ainsi que la possibilité de décaler les horaires de travail pour éviter les pics de température.
Enrico Somaglia, de l’Effat, a souligné que le changement climatique, autrefois une préoccupation environnementale pour l’avenir, est devenu une menace actuelle pour la sécurité des travailleurs et la sécurité de l’emploi, faisant valoir que les lois actuelles sont insuffisantes.
Initiatives britanniques en matière de régulation des températures
Au Royaume-Uni, le Trades Union Congress (TUC) réclame des mesures gouvernementales similaires. Il propose que les employeurs prennent des mesures pour faire baisser la température dès qu’elle atteint 24 degrés, les salariés ayant le droit de cesser le travail à 30 degrés, ou à 27 degrés pour ceux qui effectuent un travail pénible.
Paul Nowak, secrétaire général du TUC, a suggéré que les environnements intérieurs restent confortables et adaptables, tandis que les travailleurs en extérieur ont besoin d’une protection renforcée grâce à de la crème solaire, une bonne hydratation et des pauses fréquentes.
La montée de l’activisme citoyen
Ce mouvement a également suscité un activisme citoyen, à l’image du mouvement « Heat Strike », qui organise des débrayages symboliques et met en place des « stations rafraîchissantes » proposant de l’eau et des conseils de santé dans les centres-villes. Cette initiative est soutenue par une coalition d’associations environnementales et de divers syndicats.
Malgré cet élan, le chemin vers la législation est complexe. Maria Ohisalo, députée européenne finlandaise des Verts, a fait remarquer que le système actuel repose sur un ensemble fragmenté de suggestions plutôt que sur des lois unifiées et contraignantes. Bien que la Commission européenne puisse inclure ces protections dans la loi sur les emplois de qualité, l’initiative se heurte à la résistance des États membres de l’UE de droite qui préfèrent des recommandations non contraignantes à des réglementations strictes.
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(ns)

