Principaux renseignements
- L’USS John F. Lehman intègre des systèmes radar et de combat de pointe pour neutraliser les menaces aériennes sophistiquées.
- Huntington Ingalls utilise une stratégie modulaire décentralisée pour pallier la pénurie de main-d’œuvre et accélérer la production.
- La concurrence mondiale croissante oblige les États-Unis à développer le destroyer DDG(X) de nouvelle génération.
La construction de l’USS John F. Lehman, treizième destroyer de classe Arleigh Burke Flight III, a débuté chez Huntington Ingalls Industries. Ce navire représente la version la plus avancée d’une conception datant de la fin de la Guerre froide, qui constitue toujours l’essentiel de la flotte de surface de la Marine américaine.
Si la coque et les moteurs restent identiques à ceux des versions précédentes, la mise à niveau Flight III met l’accent sur une défense aérienne et antimissile supérieure. Ceci est rendu possible grâce à la combinaison du système de combat Aegis Baseline 10 et du radar AN/SPY-6(V)1, qui améliore considérablement la capacité du navire à détecter et à neutraliser les missiles de croisière, les menaces balistiques et les aéronefs sophistiqués.
Progrès technologiques en matière de capacités
La viabilité opérationnelle de ces modernisations a été démontrée pour la première fois par l’USS Jack H. Lucas, mis en service en décembre 2025. Le personnel de ce navire a comparé ce bond technologique à la transition des téléphones portables basiques vers les smartphones, soulignant l’augmentation considérable de l’automatisation et des capacités.
Bien que l’extérieur de ces navires ressemble à celui des modèles antérieurs, les systèmes internes et la formation de l’équipage aux nouveaux radars et installations techniques marquent un changement générationnel significatif.
Stratégie de construction décentralisée
Pour pallier la pénurie de main-d’œuvre et augmenter la production, Huntington Ingalls a mis en œuvre une stratégie de construction décentralisée. Plutôt que de centraliser l’ensemble des travaux à Pascagoula, l’entreprise fait appel à six chantiers navals partenaires répartis en Floride, au Mississippi, en Louisiane et au Texas pour construire les principales sections de coque. Ces modules sont ensuite acheminés vers le site principal pour l’assemblage final.
Cette méthode permet de tirer parti d’une capacité industrielle plus étendue à travers les États-Unis, l’entreprise prévoyant que plus de 2,5 millions d’heures de travail seront externalisées d’ici 2026.
Concurrence mondiale croissante
Malgré ces améliorations, la conception de la classe Arleigh Burke atteint ses limites. L’USS John F. Lehman sera le 83e navire d’une lignée qui a débuté en 1988, et les critiques affirment qu’elle est de plus en plus dépassée par ses adversaires modernes.
Les destroyers de type 055 et de type 052D de la marine chinoise constituent un défi de taille, et la Corée du Nord a récemment mis en service le Choe Hyon, un navire doté de capacités anti-navires qui pourraient surpasser celles de la classe Arleigh Burke. Pyongyang a en outre fait part de son intention de construire des destroyers encore plus grands, pouvant atteindre 10 000 tonnes.
La course à la puissance navale de nouvelle génération
Ces pressions géopolitiques ont conduit la commission des forces armées du Sénat américain à faire pression en faveur du développement du destroyer de nouvelle génération DDG(X), la plate-forme Arleigh Burke n’offrant plus de marge de manœuvre pour une modernisation.
De plus, les États-Unis sont confrontés à un déficit de production. Alors que la Chine produit six à huit destroyers par an et que la Corée du Nord en construit deux, les États-Unis n’en produisent en moyenne que 1,6. Cette disparité a suscité des discussions à Washington concernant un éventuel partenariat avec des chantiers navals japonais ou sud-coréens afin de renforcer les effectifs de la flotte.
(at)
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