Les Pays-Bas investissent des dizaines de millions dans des logiciels destinés à la coordination des drones


Principaux renseignements

  • Le ministère néerlandais de la Défense investit plusieurs dizaines de millions dans le logiciel NEXUS d’Intelic, destiné à la coordination des drones.
  • Les systèmes de commandement unifiés permettent de remédier au chaos logistique lié à la gestion de flottes de drones fragmentées.
  • L’interopérabilité des logiciels est désormais tout aussi importante pour la stratégie militaire que celle du matériel.

Le ministère néerlandais de la Défense a engagé des dizaines de millions d’euros dans le cadre d’une collaboration de trois ans avec Intelic, une start-up nationale spécialisée dans les logiciels d’orchestration de drones.

Cet investissement est principalement destiné à la plateforme NEXUS, qui permet à l’armée de gérer une flotte hétérogène d’aéronefs sans pilote provenant de différents fournisseurs via une structure de commandement unique. Ainsi, il n’est plus nécessaire de disposer de systèmes de contrôle distincts pour chaque modèle de drone.

Enseignements tirés du conflit en Ukraine

Ce changement stratégique a été fortement influencé par les observations tirées du conflit en Ukraine. Le secrétaire d’État à la Défense, Derk Boswijk, a fait remarquer que la guerre a démontré que les logiciels sont tout aussi essentiels que le matériel physique, et a affirmé que la capacité à synchroniser des systèmes disparates améliore considérablement l’efficacité au combat.

Selon Intelic, le système NEXUS est déjà déployé dans le cadre d’opérations ukrainiennes depuis l’année dernière, notamment en collaboration avec les drones Heavy Shot de Gurzuf Defence, bien que ces affirmations spécifiques proviennent de l’entreprise elle-même.

Solution pour un marché fragmenté

La nécessité d’un tel logiciel découle d’un marché fragmenté ; Maurits Korthals Altes, PDG d’Intelic, a souligné que l’Europe compte actuellement des centaines de fabricants de drones. Il a déclaré que le principal défi pour les appels d’offres militaires ne réside plus dans l’acquisition des drones eux-mêmes, mais plutôt dans la garantie que ces systèmes disparates puissent communiquer entre eux et coopérer.

Investissement stratégique

Cet accord marque le passage de discussions préliminaires avec l’Armée de terre royale à un partenariat commercial officiel. Le montant exact n’est pas connu, si ce n’est qu’il s’agit de « dizaines de millions ». Cet investissement s’inscrit dans une stratégie néerlandaise plus large visant à confier à des drones plus de la moitié des capacités opérationnelles d’ici cinq ans. Cet effort est complété par un investissement de trois milliards d’euros dans la technologie anti-drones.

Priorité à l’interopérabilité

Le contrat conclu avec Intelic reflète une tendance européenne plus large vers des achats structurés dans le domaine des technologies de défense, à l’image de l’essor d’entreprises telles qu’Alpine Eagle et Destinus. Ce projet spécifique est toutefois unique en ce qu’il privilégie l’interopérabilité plutôt que la fabrication. En investissant dans la « couche de connexion » logicielle, le gouvernement néerlandais s’attaque au défi logistique que représente la gestion de dizaines de types de drones au sein d’un même cadre opérationnel.

Reconnaissance mondiale pour Intelic

Pour Intelic, l’obtention de ce contrat auprès d’un État membre de l’OTAN constitue une reconnaissance importante de sa technologie. Outre l’apport financier, cela permet à l’entreprise de se doter d’un client de référence de premier plan afin d’attirer d’autres pays qui participent déjà à BASE, la place de marché internationale d’Intelic destinée aux fabricants de drones. (lv)

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

Ajoutez fr.businessam.be en tant que source préférée sur Google
Plus