Principaux renseignements
- Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a mis en place un commandement centralisé chargé de gérer l’ensemble des initiatives du Pentagone dans le domaine des drones et des systèmes autonomes.
- Ce bureau contrôle des milliards de dollars de financement et régit l’ensemble du cycle de vie des systèmes sans pilote.
- Les réductions d’effectifs au sein du département chargé des essais menacent la mise en œuvre rapide des nouvelles technologies.
Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a créé un commandement centralisé chargé de gérer les initiatives du Pentagone dans le domaine des systèmes autonomes et des drones. Cela entraîne la suppression de compétences importantes au sein des différentes forces armées.
La nouvelle entité, connue sous le nom de « Direct Reporting Portfolio Manager for Unmanned Systems » (DRPM-UxS), servira de coordinateur principal pour toutes les technologies sans pilote. Ce bureau, qui rend compte directement au secrétaire d’État adjoint Stephen Feinberg, supervisera l’ensemble du cycle de vie de ces systèmes – depuis leur développement initial et leur acquisition jusqu’à leur déploiement et leur maintenance – sur terre, en mer et dans les airs.
Compétences
La compétence du DRPM-UxS est vaste : elle englobe la robotique terrestre, les navires sans pilote et les petits drones, ainsi que les technologies d’intelligence artificielle et de comportement en essaim qui les font fonctionner. Il gérera également les stratégies de lutte contre les drones. Bien que les systèmes sous-marins sans pilote soient gérés en collaboration avec le portefeuille des sous-marins, le nouvel organisme ne supervisera pas les grands programmes d’acquisition de défense imposés par la loi. Par conséquent, les projets coûteux tels que le MQ-25 Stingray de la Marine et le Collaborative Combat Aircraft de l’Armée de l’air resteront sous le contrôle de leurs branches respectives des forces armées.
Intégration des entités existantes
Afin de rationaliser les opérations, deux organismes existants sont absorbés. Le Defense Autonomous Warfare Group, axé sur la production en série de drones peu coûteux, deviendra une unité subordonnée. Parallèlement, la Joint Interagency Task Force 401 élargira son champ d’action, passant de la seule lutte contre les menaces aériennes à la lutte contre les systèmes sans pilote dans tous les domaines. Malgré cette réorganisation, le personnel et les sites de ces groupes resteront inchangés.
Coopération avec l’industrie
Sur le plan financier et administratif, la nouvelle agence exercera une influence considérable. Elle gérera une part importante du budget du Pentagone, dont 53,6 milliards de dollars (environ 47 milliards d’euros) ont récemment été alloués aux plateformes autonomes.
Le DRPM-UxS sera le principal décideur en matière d’étapes clés des projets et d’achats ; il aura le pouvoir de redistribuer les ressources entre les programmes et de bloquer le déploiement de certains systèmes. Par ailleurs, la Defense Innovation Unit servira de lien exclusif entre ce bureau et le secteur technologique privé.
Contrôle par le Congrès
La réorganisation a également des répercussions sur le personnel et le contrôle. Toute communication avec le Congrès concernant les programmes de drones devra désormais passer par le DRPM-UxS. Afin de garantir une montée en puissance rapide, l’agence est exemptée du gel actuel des recrutements et des réductions d’effectifs, son directeur étant habilité à recruter directement du personnel. Un calendrier strict a été fixé : le recrutement doit débuter dans les 30 jours suivant la nomination d’un directeur, la stratégie organisationnelle complète et la liste des programmes devant être présentées respectivement dans les 60 et 90 jours.
Inquiétudes concernant le contrôle
Cette réforme s’inscrit dans la stratégie de Hegseth visant à accélérer la mise en service des armes. Cette approche axée sur la « rapidité de livraison » soulève toutefois des questions quant au contrôle. Le Government Accountability Office a fait part de ses inquiétudes concernant une réduction drastique des effectifs au sein de l’organisme de test indépendant du Pentagone. Le nombre de postes est passé de 126 à 30, ce qui ne permet à l’organisme de surveiller qu’une petite partie des programmes accélérés. Cette réorganisation est la plus radicale parmi les efforts déployés par Hegseth pour centraliser les portefeuilles prioritaires. (lv)
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