Principaux renseignements
- La Russie a utilisé sa « flotte fantôme » illicite pour lancer des drones visant à repérer les failles de la défense européenne.
- Ces incursions visaient des infrastructures militaires critiques, notamment des sites nucléaires et des bases de sous-marins.
- Des inspections rigoureuses des navires ont permis de mettre fin aux opérations de drones.
Selon une étude de l’Institut international d’études stratégiques (IISS), via The Guardian, la Russie aurait probablement utilisé sa « flotte fantôme » illicite de pétroliers pour soutenir des opérations de drones visant des infrastructures européennes critiques. Ces missions avaient pour but d’identifier les failles des systèmes de sécurité aérienne du continent.
La Belgique, le Danemark, l’Allemagne et les Pays-Bas
Le rapport, publié jeudi, détaille une vaste offensive de drones qui a principalement touché des pays tels que la Belgique, le Danemark, l’Allemagne et les Pays-Bas. Entre août 2024 et février 2026, les chercheurs ont recensé 144 incursions distinctes en Irlande et dans douze pays membres de l’OTAN.
Ces vols ont parfois provoqué un chaos considérable, allant jusqu’à la fermeture d’aéroports. Plus alarmant encore, les drones ont pénétré dans des zones de défense hautement sécurisées, notamment une base sous-marine française abritant des missiles balistiques et des sites abritant des armes nucléaires américaines.
Tester les vulnérabilités
L’analyse montre qu’environ 50 pour cent de ces observations ont eu lieu au-dessus d’installations militaires. L’IISS suggère que l’objectif était de tester les défenses aériennes européennes, qui sont optimisées pour intercepter des avions et des missiles à grande vitesse mais peinent à détecter les petits drones se déplaçant lentement.
« Flotte fantôme »
Alors que plusieurs gouvernements européens ont hésité à accuser officiellement la Russie, le rapport soutient que le lien est évident. Charlie Edwards, l’un des auteurs de l’étude, a suggéré que des navires affiliés à la Russie servaient de points de relais ou de plates-formes pour le lancement et la récupération des appareils. Il a noté que des activités similaires étaient absentes en Méditerranée en raison de capacités de surveillance supérieures et de la présence de sous-marins américains, qui rendent les opérations clandestines bien plus difficiles.
Louis Bearn, un autre coauteur, a souligné que l’activité des drones avait pratiquement cessé dès que les autorités européennes ont commencé à arraisonner et à inspecter les navires de la flotte fantôme au début de cette année.
Réactions internationales
L’IISS s’est montré critique à l’égard de la réponse internationale, la qualifiant de fragmentée et incohérente. Le rapport a mis en évidence l’absence d’attribution rapide de la responsabilité et a critiqué l’OTAN pour avoir utilisé des avions de chasse coûteux afin de neutraliser des drones à faible coût. Fin 2025, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a plaidé en faveur de la création d’un « mur anti-drones » pour contrer ces menaces.
Les réactions des pays concernés ont été variées. Le ministère britannique de la Défense a souligné son engagement à protéger les sites stratégiques grâce à la coopération avec ses alliés. De son côté, le gouvernement néerlandais a déclaré avoir mis en place des mesures de protection pour ses installations militaires. La France a indiqué ne pas être en mesure de vérifier les conclusions du rapport, tandis que l’Allemagne a refusé de commenter, et que les responsables estoniens, danois et irlandais n’ont pas répondu immédiatement. Le ministère russe de la Défense n’a pas fait de commentaire. (fc)
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