Principaux renseignements
- L’épidémie d’Ebola risque de coûter 1 milliard de dollars (900 millions d’euros) à l’économie congolaise et de plonger un million de personnes dans la pauvreté. C’est ce qui ressort d’une évaluation réalisée par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).
- Les femmes sont les plus durement touchées en raison de leur rôle dans le commerce et les soins.
- La violence des groupes armés et les déplacements de population entravent considérablement les interventions médicales essentielles.
Une récente évaluation du PNUD met en garde contre le fait que l’épidémie actuelle d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) constitue une urgence globale en matière de développement plutôt qu’une simple crise sanitaire. L’agence prévoit que l’épidémie pourrait faire perdre plus d’un milliard de dollars (900 millions d’euros) à l’économie de la RDC, risquant de plonger près d’un million de citoyens supplémentaires dans la pauvreté et d’entraîner la suppression d’environ 55 000 emplois. Au-delà du bilan sanitaire immédiat, la crise pourrait entraîner une baisse de 1,6 pour cent de la productivité économique du pays et causer plus de 2 500 décès de nourrissons, les ressources étant détournées des services de santé courants.
Ravages économiques
Les répercussions économiques devraient principalement résulter d’une baisse de la confiance des consommateurs et de perturbations dans les investissements, les transports et le commerce informel. Les femmes étant fortement impliquées dans le commerce transfrontalier et jouant un rôle prépondérant en tant que principales aidantes et personnel médical, elles devraient subir l’impact le plus important.
À plus grande échelle, si le virus continue de perturber les échanges commerciaux et la circulation aux frontières, l’Afrique pourrait subir des pertes de 2,37 milliards de dollars (2,1 milliards d’euros), un chiffre qui pourrait grimper à 3,6 milliards de dollars en cas d’instabilités géopolitiques ou de défaillances de la chaîne d’approvisionnement.
Défis sécuritaires
Actuellement, l’épidémie est due à la souche Bundibugyo, pour laquelle il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique. Par conséquent, les autorités sanitaires ont recours à la sensibilisation communautaire, à la recherche des contacts et aux soins de soutien pour gérer la propagation.
Cependant, cette réponse est fortement entravée par la présence de plus de 260 groupes militants et le déplacement de près de six millions de personnes, ce qui alimente la violence à l’encontre du personnel médical et sape la confiance du public.
Propagation virale
La situation est encore compliquée par les déplacements des personnes infectées. Des cas sont apparus dans les provinces du Haut-Uele et du Tshopo — dont l’origine a été retracée jusqu’à l’épicentre situé en Ituri — après que des patients eurent parcouru de longues distances avant d’être diagnostiqués.
En Ituri, où se concentrent plus de 90 pour cent des infections, les centres de traitement sont débordés. Par exemple, un établissement à Bunia fonctionne actuellement au-delà de sa capacité prévue.
Des obstacles opérationnels persistent, notamment l’incendie criminel d’un poste de contrôle de sécurité et la fuite de patients des services d’isolement. Parallèlement, les équipes sanitaires peinent à retracer environ 12 000 contacts.
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(ns)(fc)

