Principaux renseignements
- Les États-Unis ont proposé un contrat de 700 millions de dollars (614 millions d’euros) pour la fourniture de moteurs F110 destinés à l’avion de chasse turc Kaan.
- La Turquie cherche à se doter d’une propulsion nationale afin de mettre fin à sa dépendance vis-à-vis des contrôles à l’exportation américains.
- L’approbation du Congrès déterminera le sort de ce projet aéronautique crucial.
Le Département d’État américain a informé le Congrès d’un projet d’accord visant à fournir à la Turquie environ 80 turboréacteurs F110 de General Electric, une transaction évaluée à plus de 700 millions de dollars. Ces moteurs sont destinés au Kaan, un avion de combat de pointe développé par TUSAS. Cette acquisition est vitale pour l’armée de l’air turque, en particulier depuis l’exclusion de la Turquie du programme de chasseurs F-35 en 2019.
Dépendance vis-à-vis des contrôles à l’exportation américains
Bien que TUSAS Engine Industries ait déjà assemblé des moteurs F110 en Turquie par le passé, ces composants restent soumis aux contrôles à l’exportation américains. L’armée de l’air turque utilise déjà largement ce modèle de moteur spécifique dans sa flotte de F-16.
Par conséquent, la réussite du projet Kaan dépend fortement de la volonté de Washington de fournir une quantité suffisante de ces moteurs, y compris ceux nécessaires aux prototypes.
Recherche d’une propulsion nationale
Afin de réduire sa dépendance vis-à-vis de la technologie américaine, Ankara travaille sur le moteur national TF35000. Cependant, ce projet est encore loin d’être achevé et reste soumis à d’éventuels obstacles techniques.
En attendant, la Turquie explore d’autres alternatives de propulsion, en se tournant éventuellement vers des fournisseurs au Royaume-Uni ou en Russie.
Relations diplomatiques
L’urgence du programme Kaan s’est accrue après que les États-Unis ont interdit à la Turquie d’acheter 100 avions F-35 et ont exclu son secteur industriel de la chaîne d’approvisionnement de cet appareil. Cette rupture diplomatique est survenue après que la Turquie s’est dotée du système de défense antimissile S-400 auprès de la Russie.
Cette annonce précède un sommet de l’OTAN prévu à Ankara en juillet 2026, auquel le président Donald Trump devrait participer. L’accord doit désormais faire l’objet d’une période d’examen de 15 jours par le Congrès, qui détient le pouvoir d’approuver ou de bloquer la vente de ces composants essentiels au projet aéronautique national turc. (fc)
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