Principaux renseignements
- La marine américaine a réceptionné six avions F-35B dépourvus de systèmes radar, dans l’attente de nouveaux équipements.
- Des lacunes en matière d’intégration technique et de refroidissement entravent le programme crucial de mise à niveau « Block 4 ».
- Une faible disponibilité opérationnelle et des difficultés logistiques menacent la capacité opérationnelle de la flotte.
Le Corps des Marines des États-Unis a pris livraison de six avions F-35B qui ne sont actuellement pas équipés de systèmes radar. Lors d’une audition le 23 juin, le lieutenant-général Gregory Masiello, responsable du programme F-35, a confirmé au sénateur Mark Kelly que ces avions avaient été acceptés sans équipement, car le Corps des Marines attend le nouveau radar AN/APG-85 de Northrop Grumman, destiné à remplacer le modèle APG-81 existant.
Défis et coûts d’intégration
L’intégration de cette nouvelle technologie a été entravée par des différences structurelles dans la manière dont les deux versions de radar sont montées dans le nez de l’avion. Alors que l’APG-85 devait être livré avec le lot 17, l’armée de l’air étudie une solution de cloison à double montage, bien que la mise en œuvre de cette alternative puisse prendre deux ans.
La planification financière met en évidence le coût élevé de ces mises à niveau. L’armée de l’air a alloué 133 millions de dollars pour l’exercice 2031 afin d’équiper 14 F-35A du nouveau radar, et prévoit de dépenser environ 1,6 milliard de dollars pour moderniser 167 appareils supplémentaires.
Modernisations du Block 4
L’APG-85 est la pierre angulaire du programme de modernisation du Block 4, qui comprend au total 55 améliorations. Cependant, pour atteindre une fonctionnalité optimale, une augmentation significative de la capacité de refroidissement est nécessaire, avec des besoins compris entre 62 et 80 kW, contre les 32 kW actuellement disponibles.
Difficultés liées à la disponibilité opérationnelle
La disponibilité opérationnelle reste une préoccupation majeure. Le taux actuel de disponibilité opérationnelle du F-35 s’élève à 56 pour cent, seuls 25 pour cent des appareils atteignant une capacité opérationnelle totale. Ce chiffre est en deçà de l’objectif fixé en 2018 par l’ancien secrétaire à la Défense Jim Mattis, qui visait un taux de disponibilité de 80 pour cent.
Le général de corps d’armée Masiello a déclaré que son objectif était de fournir un système fiable et rentable atteignant ce seuil de 80 pour cent d’ici 2030.
Adaptation de la logistique et du soutien
De plus, le programme peine à adapter sa logistique à cette expansion. L’infrastructure de soutien existante avait été conçue pour une flotte de 700 à 800 avions, mais le parc mondial dépasse désormais les 1 300 appareils.
Pour gérer cette croissance, le gouvernement révise sa stratégie de maintien en condition opérationnelle, renforce la supervision et utilise la modélisation des performances pour optimiser la gestion des pièces de rechange. Ces efforts sont soutenus par plus de 13 milliards de dollars alloués dans le cadre du programme « Global Support Solution Reset » du Pentagone. (fc)
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

