La Chine devance tous les autres pays en matière de production de sous-marins militaires


Principaux renseignements

  • La Chine est à la tête d’un essor mondial de la guerre sous-marine en devançant les États-Unis et la Russie en matière de production de sous-marins.
  • De plus en plus de pays souhaitent se doter de sous-marins à propulsion nucléaire.
  • Le développement de ses infrastructures industrielles permet à Pékin de tripler la production prévue des chantiers navals occidentaux.

Le paysage mondial de la guerre sous-marine connaît une recrudescence d’activité sans précédent depuis les années 1980, la Chine s’imposant comme la force dominante. Au cours des cinq dernières années, environ 77 sous-marins ont été mis en service dans 16 pays différents. Si cela témoigne d’une flambée mondiale des dépenses de défense maritime, la trajectoire de la Chine est sans précédent. Depuis 2021, Pékin a déployé environ 24 sous-marins, un chiffre qui dépasse le total combiné des États-Unis et de la Russie.

Une réorientation mondiale vers la dissuasion nucléaire

Cet essor naval s’accompagne d’un changement de stratégie, car de plus en plus de pays considèrent désormais les sous-marins comme des outils essentiels pour la collecte de renseignements et la dissuasion stratégique. La capacité nucléaire devient un objectif prioritaire pour plusieurs États ; parmi les navires récemment mis à l’eau, 33 étaient à propulsion nucléaire, construits par un groupe de six nations de premier plan.

De plus, des pays comme la Corée du Nord et le Brésil développent activement des programmes nucléaires, tandis que l’Australie et la Corée du Sud ont fait part de leur intention future de déployer des flottes nucléaires.

Innovation et rapidité technologique

L’avantage de la Chine est évident non seulement en termes de volume, mais aussi en termes de rapidité d’innovation. Alors que les États-Unis continuent de s’appuyer sur la classe Virginia déjà bien établie et que la Russie a peiné pendant plus d’une décennie à produire une seule nouvelle classe, la Chine a lancé sept nouveaux modèles de sous-marins en seulement cinq ans.

De plus, la Chine fait figure de pionnière dans le domaine des drones sous-marins autonomes de grande taille (XXLUUV) et explore la technologie « nucléaire-AIP » via la classe Zhou de type 041, repoussant ainsi les limites de l’ingénierie sous-marine.

Chantiers navals

Pour soutenir cette croissance, la Chine a développé ses infrastructures industrielles. La production de sous-marins nucléaires, autrefois limitée au chantier naval de Huludao, s’étend désormais au chantier JN de Shanghai et au site de Wuchang à Wuhan. Cette expansion des pôles de fabrication pourrait permettre à la Chine de mettre à l’eau six sous-marins nucléaires par an, triplant ainsi la production prévue des États-Unis.

Au-delà de ses propres frontières, la Chine influence le marché mondial par le biais d’accords d’exportation, tels que la production conjointe de sous-marins de classe Hangor pour le Pakistan. Bien que des exportateurs traditionnels comme la France et l’Allemagne conservent une influence significative, et que des pays comme la Corée du Sud et l’Espagne gagnent du terrain, la dynamique actuelle suggère que la Chine restera le principal moteur de la construction mondiale de sous-marins dans un avenir prévisible. (fc)

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

Ajoutez fr.businessam.be en tant que source préférée sur Google
Plus