Principaux renseignements
- L’Union européenne s’attaque à Microsoft et Amazon pour mettre fin à leur position dominante sur le marché du cloud.
- La nouvelle réglementation DMA vise à empêcher le verrouillage au sein des écosystèmes numériques et à soutenir les concurrents locaux.
- Les efforts en matière de souveraineté numérique risquent de tendre les relations diplomatiques avec les États-Unis.
Dans le but de renforcer l’indépendance technologique, la Commission européenne a mis en place une réglementation plus stricte visant les principaux fournisseurs américains de services cloud. En désignant Microsoft Azure et Amazon Web Services comme des entités soumises à la loi sur les marchés numériques (DMA), l’Union européenne vise à démanteler les barrières anticoncurrentielles et à favoriser un environnement plus équitable pour les concurrents locaux.
Les deux géants contrôlent actuellement environ 60 pour cent du secteur européen du cloud.
Débat sur Google
L’objectif principal de la DMA est d’empêcher les entreprises dominantes de verrouiller leurs clients dans leurs écosystèmes par le biais d’obstacles techniques ou de coûts de transition excessifs. Il est intéressant de noter que Google Cloud a été exclu de ces obligations spécifiques, la Commission ayant estimé qu’il ne disposait pas encore du même niveau de contrôle du marché.
Cette omission a suscité des critiques de la part de Microsoft, qui a fait valoir que le fait de négliger l’influence croissante de Google, notamment avec Gemini, pourrait entraîner de nouveaux déséquilibres sur le marché, rapporte Euronews.
Souveraineté numérique
Le changement de cap réglementaire intervient alors que l’UE cherche activement à réduire sa dépendance vis-à-vis des technologies non européennes, notamment en donnant la priorité aux entreprises nationales pour les marchés publics sensibles.
Si ces mesures visent à renforcer la souveraineté régionale, elles pourraient susciter une vive réaction de la part des États-Unis. L’administration Trump a déjà critiqué les politiques européennes, suggérant que les entreprises américaines performantes étaient injustement prises pour cible.
Dialogue avec les États-Unis
Afin d’atténuer d’éventuelles tensions diplomatiques, Bruxelles a instauré un dialogue numérique avec le gouvernement américain. Alors que la Commission y voit un moyen de justifier son cadre juridique et de prévenir les conflits, certains observateurs estiment que cela ne fait que donner à Washington l’occasion de faire pression contre la législation de l’UE.
La première réunion de ce dialogue n’ayant pas encore eu lieu, il est encore difficile de savoir si les mesures parviendront à réduire la dépendance vis-à-vis de l’étranger ou si elles ne feront qu’aggraver les tensions dans les relations transatlantiques.
(at)
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