Sans renforcement des restrictions de production, l’Irak envisage de quitter l’OPEP, le cartel pétrolier


Principaux renseignements

  • L’Irak menace de quitter l’OPEP si l’organisation ne relève pas ses limites de production pétrolière.
  • Un éventuel retrait réduirait considérablement l’influence de l’OPEP sur le marché mondial.
  • La situation économique désespérée pousse Bagdad à privilégier les recettes nationales plutôt que les quotas de l’alliance.

L’Irak a laissé entendre qu’il pourrait remettre en question son adhésion à l’OPEP si l’organisation refusait d’augmenter ses plafonds de production pétrolière. C’est ce qu’écrit Bloomberg. Bien qu’un représentant du gouvernement, Salim Al-Rikabi, ait déclaré que le pays n’envisageait pas pour l’instant de se retirer, il a souligné que l’absence d’augmentation du plafond de production obligerait les responsables à se demander s’il était encore viable de rester au sein de l’organisation.

Impact sur l’influence mondiale de l’OPEP

Le départ éventuel de l’Irak constituerait un revers important pour l’OPEP. L’emprise de l’organisation sur les marchés énergétiques mondiaux a déjà été affaiblie par l’essor du pétrole de schiste américain, les tensions géopolitiques impliquant l’Iran et le récent départ des Émirats arabes unis. L’Irak étant l’un des membres fondateurs de l’alliance en 1960, son retrait aurait une forte portée symbolique et réduirait encore davantage la part de marché et l’influence collectives du groupe.

Exigences stratégiques

Cette demande de quotas plus élevés intervient alors que les pays du Golfe tentent de retrouver les niveaux de production perdus pendant le conflit entre les États-Unis et l’Iran, qui a perturbé le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz.

Des données récentes suggèrent que l’Arabie saoudite a déjà relancé ses opérations dans des centres d’exportation stratégiques. De plus, alors que l’OPEP+ négocie les objectifs de production pour l’année à venir, la menace de l’Irak pourrait constituer une manœuvre stratégique visant à obtenir des conditions plus favorables.

Tensions de longue date autour des plafonds de production

Depuis la formation de l’alliance OPEP+ en 2016, l’Irak s’est fréquemment heurté au groupe au sujet des plafonds de production. Le gouvernement irakien fait valoir qu’il doit maximiser ses exportations pour redresser une économie dévastée par les sanctions et un conflit de longue durée.

Ces désaccords ont déjà suscité des critiques de la part de l’Arabie saoudite, qui prône souvent des contrôles plus stricts de l’offre afin de maintenir des prix plus élevés.

Une série de départs

Des frustrations similaires ont conduit les Émirats arabes unis à quitter l’organisation en avril. Abou Dhabi souhaitait tirer profit de ses investissements dans la production avant que la transition mondiale vers les énergies vertes ne réduise la demande de pétrole. Bien que l’Irak affirme respecter actuellement les protocoles du groupe, il insiste sur le fait que ses niveaux de production doivent être ajustés pour correspondre à ses besoins nationaux et à ses capacités techniques, faute de quoi il pourrait envisager de quitter l’organisation.

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(ns)

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