Principaux renseignements
- Fabien Pinckaers, PDG d’Odoo, menace de quitter la Belgique si l’impôt sur la fortune proposé venait à être mis en place.
- Le parti Les Engagés vise à lever des milliards en taxant les 5 pour cent les plus riches de la population.
- Les chefs d’entreprise font valoir que taxer les actions non liquides contraint les fondateurs à céder le contrôle de leur entreprise.
Fabien Pinckaers, PDG et fondateur du géant des logiciels Odoo, a exprimé sa vive opposition à un projet d’impôt sur la fortune proposé par le parti Les Engagés. Pinckaers affirme qu’une telle mesure constituerait une atteinte aux entrepreneurs et prévient que son seul recours serait de quitter la Belgique si la loi venait à être adoptée.
Projet d’impôt sur la fortune
La proposition des Engagés vise les 5 pour cent les plus riches de la population, plus précisément ceux dont le patrimoine dépasse 500 000 euros en liquidités ou en actions. Le projet prévoit un taux d’imposition de 0,3 pour cent pour ce groupe, passant à 0,6 pour cent pour ceux dont le patrimoine est supérieur à 3 millions d’euros.
Le ministre Maxime Prévot a défendu cette idée, arguant que les personnes disposant des plus grandes capacités financières devraient contribuer davantage pour résorber l’important déficit budgétaire du pays tout en protégeant la classe moyenne. Le parti estime que cette mesure pourrait rapporter entre 1 et 2 milliards d’euros.
Réactions politiques
Cependant, ce projet se heurte à une forte résistance politique, notamment de la part du MR. Son chef, Bouchez, a qualifié cette proposition de « folie économique », comparant son caractère radical à l’idéologie communiste.
Capital en actions
Pinckaers s’est fait l’écho de ces sentiments sur LinkedIn, expliquant que cette taxe était irréalisable pour les chefs d’entreprise. Bien que ses actions Odoo lui confèrent une fortune de plusieurs milliards, il a précisé qu’il ne disposait pas de plus de 100 000 euros de liquidités. Une taxe de 0,6 pour cent sur son patrimoine impliquerait un paiement annuel de plus de 30 millions d’euros.
Pinckaers fait valoir que la fortune des plus riches est souvent immobilisée dans des actions d’entreprise servant à stimuler l’économie, à financer les salaires et à favoriser l’innovation, plutôt que de rester sous forme de liquidités disponibles sur un compte bancaire. Il a déclaré que vendre des actions à des investisseurs américains pour couvrir cette taxe entraînerait une perte de contrôle de l’entreprise, ce qu’il juge inacceptable.
Recours fiscal
Bien que Pinckaers affirme ne s’immiscer que rarement dans les débats politiques, il s’est déjà opposé par le passé à des politiques fiscales qu’il jugeait néfastes à l’innovation. Il s’était auparavant battu contre le resserrement des avantages fiscaux liés aux droits d’auteur, qui, selon lui, entravaient le recrutement de développeurs de logiciels.
Les pressions qu’il a exercées sur le gouvernement par l’intermédiaire du parti MR ont finalement conduit à l’abrogation de ces règles lors des négociations gouvernementales fédérales de 2024. (fc)
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