Les Pays-Bas s’opposent à la loi américaine MATCH et à ses répercussions potentielles sur ASML


Principaux renseignements

  • Le gouvernement néerlandais s’oppose à la loi américaine MATCH, car elle menace sa souveraineté nationale.
  • ASML risque de perdre des milliards de chiffre d’affaires si les contrôles à l’exportation américains bloquent son accès au marché chinois.
  • La diplomatie collaborative doit remplacer la coercition pour stabiliser les chaînes d’approvisionnement mondiales en semi-conducteurs.

Le gouvernement néerlandais a exprimé une vive frustration face au projet de loi américain visant à renforcer les contrôles à l’exportation sur les technologies des semi-conducteurs, qui cible spécifiquement des entreprises telles qu’ASML, rapporte ANP.

Lors d’une récente visite à Washington, le ministre du Commerce extérieur, Sjoerd Sjoerdsma, a souligné que les restrictions commerciales internationales sont plus efficaces lorsque les nations collaborent de manière volontaire plutôt que sous la pression extérieure.

Loi MATCH

Au cœur du différend se trouve la loi MATCH, un projet de loi qui donnerait au gouvernement américain le pouvoir de dicter quels produits liés aux puces les pays alliés peuvent exporter vers la Chine. De plus, cette loi pourrait interdire aux entreprises d’assurer la maintenance des équipements déjà déployés en Chine.

Un point particulièrement controversé est la disposition permettant aux États-Unis de sanctionner leurs alliés par leurs propres restrictions à l’exportation si aucun accord mutuel ne peut être trouvé. Le ministre Sjoerdsma a critiqué cette approche, arguant que les États-Unis ne devraient pas imposer de mesures à leurs partenaires, d’autant plus que ces décisions ont un impact sur la stabilité économique et la souveraineté décisionnelle des Pays-Bas.

ASML sous pression

Pôle central de l’industrie mondiale des semi-conducteurs, les Pays-Bas abritent ASML, le premier fournisseur mondial de machines destinées à la fabrication de puces.

Alors que le gouvernement néerlandais a déjà collaboré avec Washington pour limiter certaines ventes à la Chine, les tensions se sont accrues à la suite des allégations du secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick. Ce dernier a affirmé qu’ASML avait contourné les règles en vigueur, ce qui aurait permis à une machine haut de gamme d’atteindre la Chine – une allégation que l’entreprise a réfutée.

Enjeux économiques 

Les enjeux financiers pour les Pays-Bas sont considérables. ASML tire une part importante de ses revenus du marché chinois ; selon certaines sources, au cours des trois dernières années, les ventes et les services de maintenance en Chine ont représenté environ 27 milliards d’euros, soit jusqu’à 36 pour cent du chiffre d’affaires total de l’entreprise.

Sjoerdsma a exprimé ses inquiétudes quant au fait que la loi MATCH pourrait, en substance, placer les intérêts néerlandais en matière de sécurité nationale sous contrôle américain, passant ainsi d’un partenariat fondé sur la confiance à un partenariat fondé sur la coercition.

Résolution diplomatique

À l’avenir, les Pays-Bas prônent une stratégie de restrictions précises et proportionnées qui ne déstabilisent pas les chaînes d’approvisionnement mondiales. Le gouvernement néerlandais préfère évaluer les exportations de haute technologie au cas par cas, un objectif qui semble en contradiction avec l’approche législative américaine.

Malgré les désaccords, Sjoerdsma a qualifié les récentes discussions de constructives et a indiqué que d’autres visites diplomatiques seraient nécessaires pour répondre aux objections des Pays-Bas.

(at)

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