La Russie modernise son Su-57, mais cet avion de chasse continue de rencontrer des difficultés en Ukraine


Principaux renseignements

  • Le Su-57 russe ne parvient pas à avoir un impact sur le conflit en Ukraine en raison d’un déploiement limité et de lacunes en matière de furtivité.
  • Des goulots d’étranglement dans la production et des défauts au niveau des moteurs entravent la viabilité opérationnelle de l’avion.
  • La crainte de subir des pertes importantes fait que cet appareil coûteux n’apporte guère de valeur ajoutée.

Bien qu’il soit présenté comme l’équivalent du F-22, le Su-57 « Felon » russe n’a pas réussi à avoir un impact significatif pendant le conflit en Ukraine. Bien que présenté comme une « super-arme » de pointe, l’appareil a été largement cantonné au tir de missiles depuis le territoire russe afin d’éviter tout risque de perte.

Alors que le Kremlin affirme que cet avion dispose de capacités de furtivité supérieures à celles de ses homologues américains comme le F-35, les critiques soutiennent qu’il ne possède pas de véritables capacités de furtivité de cinquième génération, ce qui le classerait potentiellement seulement parmi les avions avancés de quatrième génération.

Obstacles à la production

L’utilité du Su-57 a été encore davantage compromise par son nombre limité d’exemplaires produits, avec peut-être seulement 24 appareils en service actif. Cette petite flotte ne dispose pas de l’expérience opérationnelle nécessaire pour mener à bien des missions complexes, telles que la neutralisation des défenses aériennes ennemies ou l’exécution de frappes en profondeur, contrairement aux chasseurs furtifs occidentaux qui ont fait leurs preuves.

Bien que l’appareil fasse preuve d’une agilité et d’une vitesse impressionnantes grâce à ses capacités de vectorisation de poussée, ses systèmes de propulsion initiaux constituaient un handicap. Les premiers moteurs Saturn AL-41F1 manquaient de sophistication et généraient une signature radar et thermique élevée, compromettant ainsi la furtivité de l’avion.

Améliorations

Pour pallier ces lacunes, les ingénieurs russes ont mis au point le moteur « Produit 177 » (AL-51F1). Ce système amélioré, testé en 2025, vise à optimiser le rendement énergétique et à étendre le rayon d’action de l’appareil, réduisant ainsi le besoin de ravitaillement en vol.

Plus important encore, les nouveaux moteurs sont équipés de tuyères dentelées conçues pour minimiser les signatures thermiques et la détection radar, ce qui permet en théorie aux pilotes d’opérer en toute sécurité dans un espace aérien contesté.

Peu d’utilité pratique

Malgré ces améliorations techniques, le Su-57 reste un atout symbolique plutôt que pratique. Le président Poutine et son commandement militaire semblent réticents à déployer cet appareil dans des environnements à haut risque, craignant qu’un abattage n’entraîne un désastre en termes de relations publiques et la perte de technologies sensibles.

En fin de compte, le Su-57 risque de devenir un « tigre de papier » coûteux s’il continue d’être utilisé uniquement pour des missions à faible risque. Pour parvenir à une véritable suprématie aérienne, la Russie devrait augmenter considérablement sa production et démontrer la viabilité de l’appareil en situation de combat réel. Tant que le « Felon » ne servira qu’à lancer des bombes planantes à distance, il restera un symbole de fierté nationale plutôt qu’un outil militaire décisif. (fc)

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