Principaux renseignements
- Le conflit avec l’Iran favorise la diversification énergétique mondiale afin de réduire la dépendance vis-à-vis du golfe Persique.
- Les priorités en matière de sécurité nationale l’emportent souvent sur les objectifs climatiques lors des crises énergétiques.
- Différentes régions tirent parti de ces turbulences pour stimuler soit leurs exportations de combustibles fossiles, soit leurs technologies vertes.
Le conflit impliquant l’Iran oriente le paysage énergétique mondial vers un avenir fragmenté, intensifiant la rivalité entre les combustibles fossiles traditionnels et les énergies durables, rapporte Politico.
Si certains y voient une lutte binaire où l’un doit l’emporter sur l’autre, les précédents historiques laissent entrevoir une issue plus complexe. Il est possible que les États-Unis et la Chine renforcent tous deux leurs positions : les premiers en augmentant leur production de pétrole, et la seconde en étendant la portée mondiale de son industrie des véhicules électriques (VE).
Les leçons des années 1970
Les experts estiment que les événements actuels font écho aux chocs énergétiques d’il y a cinq décennies. À la suite des embargos pétroliers arabes, les nations ont délaissé le pétrole brut pour produire de l’électricité, tout en recherchant simultanément de nouveaux sites de forage dans des régions auparavant jugées trop coûteuses.
Cette période a vu l’essor de l’énergie nucléaire et la naissance du secteur du gaz naturel liquéfié (GNL), tandis que des normes de rendement énergétique étaient mises en place pour préserver la viabilité des transports dépendants du pétrole.
La sécurité avant la durabilité
Une dynamique similaire pourrait se dessiner alors que les États-Unis et l’Iran s’orientent vers la réouverture du détroit d’Ormuz. Cependant, contrairement aux années 1970, la quête actuelle de sécurité énergétique ne se limite pas à une question de coût ; elle porte également sur la fiabilité et l’origine de la source. Si le changement climatique reste une priorité mondiale, la nécessité immédiate d’un approvisionnement énergétique sûr l’emporte souvent sur les objectifs environnementaux.
Les discours politiques varient selon les régions. En Europe, les dirigeants affirment que la crise justifie leur réorientation vers les énergies renouvelables et les véhicules électriques afin d’éviter la volatilité des prix des combustibles fossiles. À l’inverse, l’administration Trump prône la « domination énergétique », considérant ces turbulences comme une justification pour accroître les exportations américaines de pétrole et de gaz. Cette divergence trouve son origine dans la géographie : l’Europe et l’Asie sont fortement dépendantes des importations, tandis que les États-Unis sont l’un des principaux exportateurs mondiaux.
L’évolution des alternatives
Le tournant historique qui a marqué l’abandon du pétrole dans la production d’électricité a été spectaculaire. Par exemple, le Japon et la France ont pratiquement éliminé le pétrole de leur mix électrique en le remplaçant par le nucléaire et le charbon. Cependant, le secteur des transports est resté obstinément lié aux carburants liquides, ce qui a entraîné une forte augmentation de la production en mer du Nord et en Alaska.
Aujourd’hui, l’offre en solutions alternatives est différente. L’énergie solaire et les véhicules électriques constituent désormais des concurrents viables, les véhicules électriques chinois devenant de plus en plus rentables.
Obstacles
Malgré cela, la transition ne se fait pas sans heurts. Les sceptiques invoquent l’insuffisance des réseaux de recharge et le protectionnisme politique comme obstacles à l’adoption des véhicules électriques sur les marchés en développement. De plus, les dégâts subis par les installations de GNL du Qatar ont contraint certains pays asiatiques à se tourner à nouveau vers le charbon.
Un avenir sous le signe de la diversification
En fin de compte, la crise pourrait déclencher un désengagement définitif des investissements au Moyen-Orient, au profit des producteurs des Amériques.
Si le conflit pourrait accélérer l’adoption mondiale des véhicules électriques chinoises et de l’énergie verte en Europe, il alimente simultanément la volonté américaine de s’affranchir des combustibles fossiles. Il n’en résulte pas une victoire totale d’une source d’énergie, mais une diversification stratégique visant à réduire la dépendance vis-à-vis du golfe Persique.
(at)
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