Le blocage du détroit d’Ormuz provoque une pénurie mondiale de pétrole


Principaux renseignements

  • Les conflits au Moyen-Orient ont provoqué un choc d’approvisionnement en pétrole sans précédent à l’échelle mondiale.
  • L’épuisement rapide des stocks alimente une volatilité extrême des prix.
  • La baisse de la demande et le recul de la capacité de raffinage laissent présager un déficit prolongé sur le marché.

Le conflit en cours au Moyen-Orient et le blocus du détroit d’Ormuz ont provoqué un choc d’approvisionnement sans précédent. La production interrompue dans les pays du Golfe dépassant les 14 millions de barils par jour. Depuis février, les pertes totales d’approvisionnement à l’échelle mondiale ont atteint 12,8 millions de barils par jour. Bien que les hausses de production dans le bassin atlantique, notamment aux États-Unis, au Canada, au Brésil, au Kazakhstan et au Venezuela, aient permis d’atténuer quelque peu la situation, les perspectives globales restent tendues. Même si le trafic maritime dans le détroit reprend progressivement à partir de juin, l’offre mondiale moyenne en 2026 devrait tout de même baisser de 3,9 millions de barils par jour, pour s’établir à 102,2 millions de barils par jour. C’est ce qui ressort d’un rapport de l’IEA.

Épuisement des stocks

La volatilité du marché a été extrême, les prix du North Sea Dated oscillant fortement entre 100 et 144 dollars le baril, en fonction des informations contradictoires concernant d’éventuels accords diplomatiques entre l’Iran et les États-Unis. Cette instabilité est aggravée par un épuisement record des stocks mondiaux de pétrole.

Entre mars et avril, les stocks observés ont diminué de 250 millions de barils. Des baisses significatives ont été constatées dans les stocks terrestres des pays de l’OCDE et d’autres régions non membres de l’OCDE, alors même que le volume de pétrole en transit a connu une légère reprise.

Impact industriel

La réaction du secteur industriel s’est traduite par un fort ralentissement de l’activité des raffineries. En raison des infrastructures endommagées, de la pénurie de matières premières et des obstacles à l’exportation, les débits de brut devraient chuter de manière significative au deuxième trimestre 2026.

Malgré ces difficultés, les marges de raffinage sont restées élevées en raison de la flambée des coûts des distillats moyens. Parallèlement, les principaux importateurs, tels que la Chine, le Japon, la Corée du Sud et l’Inde, ont drastiquement réduit leurs importations de pétrole brut par voie maritime afin de gérer la crise.

Évolution des habitudes de consommation

Les habitudes de consommation connaissent également une tendance à la baisse. La demande mondiale de pétrole pour 2026 devrait désormais reculer de 420 000 barils par jour. C’est un chiffre nettement inférieur aux prévisions établies avant la guerre. Les secteurs de la pétrochimie et de l’aviation sont actuellement les plus durement touchés. À l’avenir, la consommation de carburant devrait encore diminuer en raison du ralentissement économique, de la hausse des coûts et des initiatives stratégiques d’économie d’énergie.

Même si la demande pourrait se redresser en fin d’année en cas de conclusion d’un accord de paix, l’offre devrait rebondir plus lentement. Par conséquent, le marché devrait rester en déficit jusqu’au quatrième trimestre de l’année. Compte tenu de la diminution rapide des stocks, d’importantes fluctuations de prix sont à prévoir à l’approche de la saison estivale, période de pointe de la demande.

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