La présidente de la BCE, Christine Lagarde, met en garde contre le fait que les coûts de l’énergie risquent d’attiser davantage l’inflation


Principaux renseignements

  • La Banque centrale européenne (BCE) privilégiera la lutte contre l’inflation plutôt que la croissance économique à court terme.
  • La hausse des coûts énergétiques menace de déclencher des hausses de salaires de second tour préjudiciables.
  • Christine Lagarde, présidente de la BCE, plaide en faveur d’une mutualisation de la dette pour approfondir l’intégration financière de la zone euro.

Lagarde a averti que la flambée des coûts énergétiques commençait à avoir des répercussions sur divers autres secteurs économiques. S’exprimant sur France Culture, elle a noté que les conséquences indirectes de l’inflation étaient récemment devenues évidentes dans la plupart des régions. Lagarde a souligné que la BCE devait intervenir si des effets de second tour, notamment une hausse des salaires, commençaient à se manifester, précisant que la banque surveillait l’inflation sous-jacente comme indicateur principal.

Gérer les pressions persistantes sur les prix

À la suite d’une récente hausse des taux d’intérêt – la première depuis 2023 -, la BCE continue de faire face à des pressions sur les prix exacerbées par les conflits au Moyen-Orient. Certains responsables, tels que Joachim Nagel de la Bundesbank, suggèrent que les hausses de prix pourraient persister même si les tensions avec l’Iran s’apaisaient.

Ce sentiment est partagé par Martins Kazaks, membre du Conseil des gouverneurs, qui a déclaré à Bloomberg que la BCE était prête à prendre des mesures supplémentaires pour empêcher l’inflation liée à l’énergie de se propager à l’ensemble de l’économie.

Équilibre entre inflation et croissance économique

Malgré ces mesures, certains détracteurs, notamment en France, affirment que l’augmentation des coûts d’emprunt pourrait freiner la croissance économique. Lagarde a rétorqué que l’éradication de l’inflation était sa mission première.

Elle a averti que laisser l’inflation s’emballer rendrait son endiguement futur beaucoup plus coûteux et difficile, créant un environnement insoutenable tant pour les entreprises que pour les particuliers.

Proposition d’intégration financière

Enfin, Lagarde a évoqué la nécessité d’un instrument de dette mutualisé pour garantir le succès de l’Union de l’épargne et de l’investissement. Elle a comparé le marché européen au système américain, soulignant que la force du dollar est soutenue par la forte liquidité des bons du Trésor américain.

Lagarde a suggéré que la zone euro devrait rechercher un financement collectif pour des projets d’unification afin de renforcer l’intégration financière entre les États membres, à l’instar des mesures adoptées pendant la pandémie.

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