Principaux renseignements
- La Russie a construit cinq bases de drones près de la Biélorussie afin de raccourcir les trajectoires d’attaque vers Kiev.
- L’espace aérien biélorusse subit des violations quotidiennes alors que des drones transitent vers des cibles ukrainiennes.
- Loukachenko refuse de déployer des troupes au sol malgré le soutien stratégique qu’il apporte au Kremlin.
Afin de rationaliser ses attaques aériennes contre l’Ukraine, la Russie a établi plusieurs bases de déploiement de drones situées près de la frontière biélorusse. Selon un rapport du service biélorusse de Radio Free Europe/Radio Liberty, pas moins de cinq installations de ce type ont été construites au cours des deux ou trois dernières années.
Ces sites, situés dans les régions russes de Smolensk, Oryol et Briansk, se trouvent à proximité de la frontière biélorusse, l’une d’entre elles figurant parmi les plus grands aérodromes pour drones au monde.
Positionnement stratégique
En opérant à partir de ces emplacements stratégiques, les forces russes peuvent cibler plus efficacement Kiev et les territoires de l’ouest de l’Ukraine, car les trajectoires de vol sont considérablement raccourcies. Ces drones transitent fréquemment par l’espace aérien biélorusse pour atteindre leurs destinations.
Alors que les responsables de la sécurité biélorusses ont recensé plus de 1 400 violations de l’espace aérien en 2025, affirmant que des drones traversent leur territoire presque quotidiennement, le gouvernement de Minsk évite de blâmer explicitement la Russie, attribuant souvent ces incidents à l’Ukraine ou laissant la source non identifiée.
Le rôle complexe de la Biélorussie
Bien qu’elle refuse d’engager son propre personnel militaire sur le champ de bataille, la Biélorussie reste un partenaire essentiel pour le Kremlin. Le pays a servi de point de départ initial à l’invasion de 2022 et continue d’offrir un soutien diplomatique solide. Le président Volodymyr Zelensky a récemment averti que la Russie tentait d’impliquer davantage la Biélorussie dans les hostilités.
À l’inverse, le président Alexandre Loukachenko a écarté la possibilité de déployer ses troupes, affirmant qu’il ne permettrait pas que ses soldats soient sacrifiés comme « chair à canon » et exprimant son souhait d’éviter tout conflit direct avec les Ukrainiens, les Lituaniens et les Polonais.
Recours à la technologie des drones kamikazes
La campagne aérienne s’appuie fortement sur des drones « kamikazes », en particulier les modèles Shahed de conception iranienne et leurs équivalents de fabrication russe connus sous le nom de Gerans. Bien que l’Iran continue de nier fournir ces armes à Moscou, les systèmes de défense ukrainiens interceptent et abattent régulièrement ces aéronefs sans pilote.
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