Principaux renseignements
- Spotify a supprimé plus de 50 000 épisodes de podcasts frauduleux faisant la promotion de pharmacies illégales.
- Les législateurs réclament des mesures de protection proactives pour lutter contre les escroqueries basées sur l’IA.
- Des pratiques de signalement insuffisantes ont empêché les autorités fédérales de prendre conscience de la présence de contenus dangereux liés aux drogues.
Une étude récente, rapportée par CNN, a révélé que Spotify avait supprimé des dizaines de milliers de podcasts frauduleux qui servaient à faire la promotion de pharmacies en ligne illégales. Cette mesure fait suite à des reportages parus dans les médias l’année dernière et à une enquête menée par la sénatrice Maggie Hassan. En mai de l’année dernière, le géant du streaming a reconnu avoir supprimé plusieurs podcasts faisant la promotion de la vente de médicaments sur ordonnance, tels que l’Oxycontin et l’Adderall, souvent sans exiger de prescription médicale.
Les législateurs réclament de meilleures mesures de protection
La sénatrice Hassan, démocrate du New Hampshire, a critiqué la lenteur de la réaction de Spotify, estimant que l’entreprise aurait dû se montrer plus proactive pour identifier ces contenus préjudiciables et en informer les forces de l’ordre. Elle a souligné que, l’IA permettant aux criminels d’étendre leurs escroqueries plus rapidement, les entreprises technologiques doivent mettre en œuvre des stratégies plus robustes pour protéger les utilisateurs contre les contenus illégaux.
Cette préoccupation est partagée par les législateurs et les experts en sécurité des enfants, qui ont averti que la vente en ligne de médicaments contrefaits avait entraîné des décès par overdose chez des adolescents.
Spotify parle d’« attaques de spam »
Spotify a qualifié ces comptes d’« attaque de spam » visant à améliorer le classement dans les moteurs de recherche des sites web de pharmacies plutôt qu’à cibler ses propres auditeurs. Une représentante de l’entreprise, Laura Batey, a déclaré que des acteurs malveillants tentent constamment de contourner les mesures de sécurité, mais que l’entreprise agit rapidement pour supprimer ce type de contenu dès qu’il est découvert.
Bien que Spotify permette à quiconque d’héberger gratuitement des podcasts, ses politiques interdisent strictement la promotion de substances réglementées ou illégales. L’entreprise utilise une combinaison de modérateurs humains et d’outils automatisés pour faire respecter ces normes.
Risques cachés
Concernant l’ampleur du problème, Spotify a informé les enquêteurs qu’entre mai et novembre de l’année dernière, elle avait supprimé environ 3 500 comptes et 57 000 épisodes. En revanche, moins de 100 comptes avaient été supprimés pour des raisons similaires l’année précédente, bien que Spotify ait noté que son suivi des données s’était depuis amélioré. La société a également affirmé ne tirer aucun profit de ces podcasts, car aucun n’était monétisé.
Les données fournies aux enquêteurs suggèrent que la plupart de ces podcasts ont eu peu d’impact ; 94 pour cent n’ont jamais été écoutés et 99 pour cent ont enregistré moins de 10 écoutes. Cependant, certains ont suscité un certain intérêt, deux podcasts totalisant près de 13 000 écoutes pour promouvoir le médicament modafinil via des paiements en bitcoins. Comme Spotify ne suit pas les clics sur les liens figurant dans les descriptions des podcasts, on ignore combien d’utilisateurs ont réellement visité ces sites.
Manquements dans le signalement aux autorités
L’enquête a également révélé que Spotify n’avait signalé aucun de ces podcasts liés à la drogue aux autorités l’année dernière. Alors que Spotify soutient qu’il s’agissait simplement de spam, un podcast renvoyait vers un site qui a ensuite été saisi par les autorités fédérales.
De plus, les enquêteurs ont découvert une playlist publique faisant la promotion de l’oxycodone en décembre 2025, bien après que l’entreprise ait commencé à coopérer avec l’enquête.
Un défi plus large pour le secteur
Le rapport conclut qu’il s’agit d’un problème plus large touchant l’ensemble du secteur, car des podcasts frauduleux similaires ont été trouvés sur Amazon Music, Podchaser et iHeart.
La sénatrice Hassan a suggéré que les difficultés rencontrées par Spotify constituent un avertissement quant à la prévalence de contenus dangereux sur toutes les plateformes numériques. Les autres services de streaming mentionnés n’ont pas encore commenté ces conclusions.
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