Pendant la Guerre froide, les États-Unis voulaient utiliser les moustiques comme arme


Principaux renseignements

  • Des documents déclassifiés du Pentagone révèlent les efforts des États-Unis pour transformer en armes des moustiques vecteurs de maladies.
  • Des essais militaires ont prouvé que ces insectes peuvent survivre à un largage aérien et prospérer dans des climats hostiles.
  • Des preuves suggèrent que ces programmes biologiques visaient des civils et pouvaient potentiellement propager la maladie de Lyme.

Des documents déclassifiés du Pentagone – via Daily Mail – ont mis en lumière les efforts secrets du gouvernement américain visant à transformer en armes des moustiques vecteurs de maladies. Un rapport de 69 pages, rendu public en 1977 par le Centre d’information technique de la Défense, détaille le « projet Bellwether », une initiative conçue pour tester la viabilité de l’utilisation d’essaims d’insectes comme agents biologiques contre les populations ennemies ou le personnel militaire.

Cibler des populations avec des espèces infectées

À la fin des années 1950, l’armée américaine s’est intéressée à l’espèce Aedes aegypti, connue pour transmettre des maladies graves telles que la fièvre jaune, le virus Zika et la dengue. Les chercheurs estimaient que l’utilisation d’arthropodes infectés offrait des avantages stratégiques significatifs.

Des initiatives antérieures, telles que l’opération « Big Buzz » en 1955, auraient vu 300 000 moustiques porteurs de la fièvre jaune lâchés au-dessus de Carver Village, un quartier à majorité noire de Géorgie, afin de déterminer si les insectes pouvaient survivre à un déploiement aérien.

Dispersion aérienne

Une autre initiative de la guerre froide, l’opération Drop Kick, s’est concentrée sur la logistique de la dispersion. En lâchant des millions de moustiques non infectés, l’armée a analysé la distance que ces insectes pouvaient parcourir et leur capacité à localiser des cibles humaines après avoir été largués depuis un avion.

Les résultats ont confirmé que ces insectes pouvaient se diriger vers les humains et les piquer, prouvant ainsi leur efficacité en tant que vecteurs de pathogènes.

D’autres essais ont eu lieu en 1960 au Dugway Proving Ground, dans l’Utah. Le Corps chimique de l’armée a mené 52 essais au cours desquels des soldats volontaires ont été exposés à des moustiques dans un environnement désertique aride. L’objectif était de voir si ces insectes, généralement originaires des régions tropicales, pouvaient rester actifs dans des climats rudes et secs. Les résultats ont montré que les moustiques restaient mortels même dans des environnements non tropicaux et à des températures inférieures à 15 °C.

Expériences biologiques

Alors que la CIA a passé des décennies à rejeter les allégations concernant de tels programmes en les qualifiant de « propagande soviétique » — niant spécifiquement les accusations formulées par le magazine soviétique Literary Gazette en 1982 —, les dossiers déclassifiés suggèrent le contraire. Ces révélations viennent étayer des théories concernant d’autres expériences biologiques, telles que celles impliquant des tiques.

Le Dr Robert Malone a mis en avant des documents suggérant que le projet 112, un vaste programme de guerre biologique de la guerre froide, aurait pu établir un lien entre la propagation de la maladie de Lyme et la dissémination de tiques radioactives en Virginie ainsi que les recherches menées à Plum Island.

Le discours scientifique moderne continue d’examiner ces possibilités. Des chercheurs de la Western Michigan University ont noté que, bien que la technologie permettant d’infecter des tiques avec des virus spécifiques existe aujourd’hui, le défi pratique que représente la mise en œuvre d’une infestation nationale à grande échelle reste un obstacle de taille.

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