Principaux renseignements
- Les commandes industrielles allemandes ont chuté de 3,8 pour cent en avril, dépassant largement les prévisions négatives.
- L’instabilité géopolitique et la hausse des coûts font craindre une contraction économique au deuxième trimestre.
- Les perturbations de la chaîne d’approvisionnement et les différends commerciaux freinent la croissance industrielle et les investissements.
Le secteur industriel allemand a connu en avril une baisse des commandes industrielles plus forte que prévu, alimentant les craintes d’une contraction de l’économie nationale au deuxième trimestre. Selon les données publiées lundi par l’office des statistiques, la demande a chuté de 3,8 pour cent par rapport au mois précédent, dépassant largement la baisse de 2 pour cent prévue par les analystes de Bloomberg.
L’effondrement des secteurs de l’équipement électrique et de l’automobile,
Ce ralentissement s’explique principalement par l’effondrement des secteurs de l’équipement électrique et de l’automobile, ainsi que par la faiblesse des secteurs des machines et des équipements.
Alors que les commandes de grande envergure sont restées stables, la moyenne ajustée sur trois mois a affiché une baisse de 3,1 pour cent.
Pressions géopolitiques
Bien que l’année ait démarré sur une note positive avec une croissance de 0,3 pour cent au premier trimestre, l’instabilité géopolitique au Moyen-Orient sape désormais la confiance des entreprises et des consommateurs. L’activité économique a reculé tout au long des mois d’avril et de mai, rendant de plus en plus probable une contraction au deuxième trimestre.
Le ministère de l’Économie a noté que la hausse des coûts des matières premières et de l’énergie, associée à une forte volatilité géopolitique, freine la demande, en particulier pour les biens d’équipement. De plus, les perturbations de la chaîne d’approvisionnement et la hausse des dépenses laissent penser que l’expansion industrielle restera au point mort dans un avenir prévisible.
Défis monétaires
Les économistes partagent ces perspectives prudentes, Joerg Kraemer, de la Commerzbank, estimant qu’un léger ralentissement économique est probable.
Une pression supplémentaire provient des différends commerciaux entre l’UE et les États-Unis, ainsi que des hausses de taux d’intérêt anticipées de la Banque centrale européenne.
Répercussions politiques
Alors que des investissements massifs dans les infrastructures et la défense visaient à soutenir l’économie, ces initiatives sont éclipsées par l’impact de la guerre. Des chiffres récents indiquent également un déploiement lent du fonds d’infrastructure de 500 milliards d’euros.
Cette instabilité économique représente un défi politique pour le chancelier Friedrich Merz, dont l’optimisme concernant la croissance d’ici 2026 se heurte à la baisse de sa cote de popularité et aux tensions internes au sein de son parti.
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