Principaux renseignements
- L’inflation dans la zone euro a atteint 3,2 pour cent en mai en raison de la flambée des coûts de l’énergie et des services.
- La hausse de l’inflation sous-jacente devrait contraindre la Banque centrale européenne (BCE) à relever ses taux d’intérêt.
- Toutefois, les nouvelles hausses de taux devraient être moins drastiques que les mesures agressives observées en 2022.
Les données récentes d’Eurostat indiquent que l’inflation dans la zone euro a grimpé à 3,2 pour cent en mai, contre 3,0 pour cent le mois précédent. Cette flambée, principalement alimentée par une hausse de 10,9 pour cent des dépenses énergétiques et de 3,5 pour cent des coûts des services, maintient la croissance des prix nettement au-dessus de l’objectif de 2 pour cent de la BCE. Ces tendances renforcent la probabilité que la BCE relève ses taux d’intérêt lors de sa prochaine réunion.
Disparités régionales
Les fluctuations des prix ont varié considérablement d’un pays à l’autre. Alors que l’Allemagne a connu une légère baisse à 2,7 pour cent, la France a enregistré une hausse à 2,8 pour cent. Parallèlement, des pays comme la Lituanie et la Grèce ont été confrontés à des hausses beaucoup plus marquées, l’inflation dépassant 5 pour cent.
Les responsables s’inquiètent particulièrement de la hausse de l’inflation sous-jacente – qui exclut les coûts instables des denrées alimentaires et de l’énergie -, passée de 2,2 pour cent à 2,5 pour cent en raison de la hausse des prix des biens et services industriels.
Hausse des taux d’intérêt de 25 points de base
Les marchés financiers anticipent largement une hausse des taux de 25 points de base le 11 juin, avec de nouvelles hausses probables cet automne. La crainte persiste que le coût élevé de l’énergie ne se répercute sur d’autres secteurs de l’économie, provoquant une pression inflationniste à long terme.
Les analystes suggèrent que même si les conflits géopolitiques se résolvent rapidement, les dommages considérables causés aux réseaux d’approvisionnement et aux systèmes énergétiques maintiendront les prix à un niveau élevé jusqu’à la fin de l’année.
Contraintes économiques
Toutefois, les nouvelles hausses de taux devraient être moins drastiques que les mesures agressives observées en 2022. Cette modération s’explique par un ralentissement de l’économie et une croissance stagnante, qui limitent la capacité des entreprises à répercuter la hausse des coûts sur les clients. Les indicateurs actuels et les enquêtes PMI suggèrent que l’économie réelle est sous pression, une situation exacerbée par l’instabilité mondiale et le coût élevé de l’énergie.
Le secteur industriel, déjà affaibli par l’absence de gaz russe à prix abordable et la hausse des droits de douane américains, reste vulnérable alors que l’Europe continue de dépendre des importations d’énergie. De plus, bien que les consommateurs disposent encore d’une épargne importante, un marché du travail en perte de vitesse et des perspectives mondiales moroses pourraient entraîner une baisse des dépenses. Par conséquent, les économistes estiment que les effets inflationnistes de « deuxième vague » pourraient être moins sévères que ceux observés il y a quatre ans, offrant ainsi à la BCE une plus grande marge de manœuvre pour adopter une approche prudente. (fc)
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

