Principaux renseignements
- La Russie va remettre à neuf des armes de l’ère soviétique pour les talibans.
- Les pressions sécuritaires exercées par l’État islamique et les rivaux voisins poussent les talibans à se doter de moyens de surveillance aérienne.
- Les experts considèrent ce partenariat comme un geste symbolique plutôt que comme une alliance militaire stratégique.
Moscou a lancé un partenariat de défense avec les talibans, en commençant par une offre de remise à neuf des différents équipements militaires datant de l’ère soviétique actuellement en possession du groupe. Comme le détaille The Moscow Times, Zamir Kabulov, le représentant russe en Afghanistan, a révélé que cet accord technique pourrait à terme déboucher sur la fourniture d’armements plus modernes.
Matériel soviétique
L’armée afghane dispose d’un vaste parc de matériel vieillissant, comprenant des hélicoptères Mi-24 et Mi-17, ainsi que des véhicules de combat d’infanterie BMP-1 et BMP-2 et des chars T-62 et T-55. Son inventaire comprend en outre plusieurs avions de transport, tels que les An-32 et An-26, ainsi que divers systèmes d’artillerie, notamment des roquettes BM-21 Grad et des obusiers D-30, complétés par un nombre considérable d’armes légères.
Ce revirement diplomatique fait suite à la prise du pouvoir par les talibans en 2021, après le départ des forces occidentales. À l’été 2025, la Russie a pris la tête de la communauté internationale en reconnaissant l’Émirat islamique, en retirant le groupe de sa liste des organisations terroristes et en accueillant sa représentation diplomatique à Moscou.
Conflits internes et externes
Actuellement, les talibans sont confrontés à des conflits internes avec l’État islamique et à des hostilités régionales avec le Pakistan et l’Iran. Les tensions ont atteint leur paroxysme début 2026 lorsque le Pakistan a déclaré l’état de guerre, accusant les talibans d’abriter des militants. En raison de ces pressions, les analystes estiment que les talibans accordent la priorité à la remise en état de leurs hélicoptères afin d’améliorer la surveillance aérienne. Yuriy Lyamin, spécialiste du Centre d’analyse des stratégies et des technologies, a indiqué que le groupe recherchait spécifiquement des munitions, des pièces de rechange, des outils de défense aérienne et des drones abordables.
L’accord officiel a été signé le 27 mai lors d’une conférence sur la sécurité en Russie. Si ces accords impliquent souvent un partage technologique approfondi, certains observateurs considèrent cette initiative comme davantage symbolique que stratégique. Ruslan Suleymanov, expert en études orientales, a fait valoir que cet accord est avant tout symbolique et qu’il est peu probable qu’il reflète l’alliance militaire intense que la Russie entretient avec la Corée du Nord, bien qu’il ait suggéré que des experts russes pourraient mener des formations ou des briefings limités en Afghanistan.
Les limites des machines obsolètes
Par ailleurs, la Russie a été vue en train de remettre à neuf des chars T-55AM datant de la guerre froide, en y ajoutant des blindages et des châssis improvisés. Malgré les mises à jour effectuées dans les années 1980, ces véhicules sont considérés comme obsolètes pour les conflits modernes de haute intensité, tels que la guerre en Ukraine, en raison de leurs capteurs dépassés et de leur faible capacité de survie.
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