Principaux renseignements
- La Norvège reste dangereusement dépendante des exportations de pétrole malgré les objectifs officiels de diversification.
- L’instabilité géopolitique mondiale renforce cette dépendance en faisant grimper la demande énergétique.
- L’échec des projets verts et l’octroi de nouvelles licences pétrolières entravent la transition vers une économie résiliente.
Malgré des objectifs de longue date visant à élargir sa base industrielle, la Norvège reste fortement dépendante du secteur pétrolier. Alors que plusieurs gouvernements ont souligné la nécessité de mettre les finances du pays à l’abri des crises avant l’épuisement des réserves de combustibles fossiles, l’instabilité mondiale a créé une situation paradoxale.
Les tensions géopolitiques, en particulier le conflit en Ukraine et l’instabilité au Moyen-Orient, ont fait bondir la demande en énergie norvégienne, faisant du pays un fournisseur essentiel pour l’Europe occidentale et réduisant la pression immédiate pour opérer une réorientation.
L’emprise économique du pétrole
La domination économique du pétrole et du gaz est évidente dans les données. En 2025, ces ressources représentaient 57 pour cent de l’ensemble des exportations norvégiennes, les recettes du pétrole brut atteignant des niveaux records à la suite des troubles en Iran. De plus, le secteur de l’énergie représente plus de 20 pour cent du PIB total du pays. En dehors de ce secteur, l’économie est principalement tirée par les services publics tels que l’éducation et la santé, tandis que les secteurs de l’aquaculture et de la pêche ne contribuent qu’à environ 3 pour cent du PIB.
Les efforts de diversification de la Norvège ont pris du retard par rapport à ses voisins nordiques. Selon l’indice de complexité économique du Growth Lab de l’université de Harvard, l’écart entre la Norvège et ses pairs s’est creusé depuis le début des années 2000. Les tentatives visant à créer de nouvelles industries vertes se sont heurtées à des revers importants.
Difficultés à atteindre les objectifs
Les objectifs du gouvernement visant à augmenter les exportations non pétrolières de 50 pour cent d’ici 2030 n’ont rencontré qu’un succès réel limité. Une fois pris en compte les fluctuations monétaires et l’inflation, seulement 25 pour cent de cet objectif a été atteint. De plus, le Conseil national des exportations a averti que les récentes coupes budgétaires entravent les progrès vers ces objectifs de diversification.
Allant à l’encontre de la transition écologique, le ministère de l’Énergie continue d’étendre l’exploration des combustibles fossiles en proposant 70 nouveaux blocs à octroyer sous licence et en approuvant la réouverture de trois gisements de gaz destinés à la production jusqu’en 2048. Le Premier ministre Jonas Gahr Store fait valoir que le rôle de la Norvège, qui fournit plus de 30 pour cent du gaz européen, sert de stabilisateur régional.
Une voie complexe à suivre
Si le pays a géré sa richesse avec prudence grâce à un fonds souverain de 1 900 milliards d’euros et s’est positionné en tête mondiale en matière d’adoption des véhicules électriques, il fait l’objet de critiques persistantes pour avoir tiré profit des crises mondiales.
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