Principaux renseignements
- L’Espagne et l’Allemagne s’opposent aux efforts de l’UE visant à imposer une interdiction des équipements de télécommunications chinois.
- Les gouvernements nationaux craignent des représailles diplomatiques et une flambée des coûts d’infrastructure.
- Les intérêts économiques stratégiques s’opposent aux avertissements en matière de sécurité concernant les fournisseurs à haut risque.
Les efforts de la Commission européenne visant à interdire les équipements de télécommunications chinois dans les réseaux régionaux se heurtent à une forte résistance, menée principalement par l’Espagne et l’Allemagne. Selon des sources proches des négociations privées, ces pays sont réticents à renoncer à leur souveraineté en matière de choix d’infrastructures. Ils ont averti qu’une interdiction centralisée de l’UE visant des entreprises telles que Huawei Technologies Co. pourrait déclencher des représailles diplomatiques de la part de la Chine et faire grimper considérablement les coûts de développement des infrastructures d’intelligence artificielle.
La pression en faveur de normes de sécurité obligatoires
Le conflit porte sur les modifications proposées à la loi sur la cybersécurité. Alors que les gouvernements nationaux gèrent actuellement leurs propres infrastructures, la Commission cherche à rendre ses recommandations en matière de sécurité juridiquement contraignantes. Ce changement permettrait à Bruxelles de classer les fournisseurs comme «à haut risque» en fonction de l’influence potentielle d’un gouvernement étranger et de la dépendance vis-à-vis des fournisseurs, en ciblant spécifiquement des entreprises telles que ZTE et Huawei.
Les États membres de l’UE naviguent actuellement entre un équilibre géopolitique délicat, mettant en balance les avertissements de sécurité des États-Unis et les avantages économiques liés au maintien des échanges commerciaux avec la Chine. Par exemple, le chancelier allemand Friedrich Merz a fait part de son souhait d’améliorer les relations avec Pékin malgré les préoccupations antérieures concernant la dépendance. Parallèlement, l’UE envisage une suspension temporaire des sanctions à l’encontre d’une entreprise chinoise de semi-conducteurs afin de protéger son secteur automobile.
Des vulnérabilités cachées dans le matériel informatique chinois
Les spécialistes de la sécurité et les responsables politiques, tant aux États-Unis qu’en Europe, soutiennent depuis longtemps que le matériel chinois pourrait contenir des vulnérabilités cachées permettant un accès non autorisé aux données, bien que Huawei et ZTE aient rejeté ces allégations comme étant sans fondement. Huawei a notamment affirmé que l’interdiction de fournisseurs sur la base de leur origine nationale est contraire aux principes juridiques fondamentaux d’équité de l’UE.
À l’inverse, la Commission européenne soutient que les réseaux stratégiques doivent être protégés contre les fournisseurs à haut risque, soulignant que le coût pour les opérateurs de remplacer les technologies existantes pourrait s’élever entre 3,4 et 4,3 milliards d’euros sur trois ans.
Prévenir les répercussions négatives sur les exportations européennes vers le marché chinois
Les dynamiques internes au sein des pays opposés compliquent encore davantage la question. L’Espagne, sous la direction du Premier ministre Pedro Sánchez, a activement cherché à attirer les investissements chinois dans les énergies renouvelables et les véhicules électriques.
L’Allemagne connaît ses propres tensions internes ; bien qu’elle se soit engagée à retirer les équipements de Huawei et ZTE de ses réseaux 5G centraux, différents ministères restent divisés sur l’ampleur de la stratégie de « réduction des risques ». La ministre allemande de l’Économie, Katherina Reiche, a récemment souligné que toute restriction commerciale imposée par l’UE devait être soigneusement calibrée afin de ne pas nuire aux exportations européennes vers le marché chinois. (fc)
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