Principaux renseignements
- Les investisseurs nordiques exhortent l’UE à maintenir son interdiction de l’exploration pétrolière et gazière dans l’Arctique.
- Les nouveaux projets de forage n’apportent aucun soulagement énergétique immédiat en raison de retards opérationnels pouvant durer des décennies.
- Les risques écologiques restent extrêmes car la plupart des marées noires dans la mer de Barents sont impossibles à contenir.
Une coalition d’entités financières et d’investisseurs de la région nordique appelle dans une lettre l’Union européenne à maintenir son opposition à toute nouvelle exploration pétrolière et gazière dans l’Arctique. C’est ce qu’indique Reuters. Cet appel intervient alors que l’UE envisage d’ajuster sa politique actuelle afin de mieux garantir la stabilité énergétique. Ces investisseurs s’inquiètent de plus en plus que la volatilité énergétique résultant du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran puisse servir de prétexte pour abandonner les engagements environnementaux au profit d’un approvisionnement immédiat en ressources.
Dix ans avant que le projet ne soit opérationnel
Parmi les signataires figure Nordea Asset Management, aux côtés de 11 autres sociétés financières, qui ont averti la Commission européenne que l’assouplissement de ces restrictions compromettrait à la fois les objectifs écologiques et la stabilité énergétique à long terme.
La lettre faisait valoir qu’il faudrait plus de dix ans avant que les nouveaux projets dans l’Arctique ne soient opérationnels. De tels projets n’apporteraient donc pas de solution immédiate à la pénurie énergétique actuelle.
Risques écologiques
La lettre soulignait que l’Arctique est un environnement exceptionnellement fragile abritant des espèces rares. L’expansion de l’extraction de combustibles fossiles dans cette région augmenterait le risque de fuites et de déversements, menaçant des écosystèmes mondiaux essentiels.
Plus précisément, le document indiquait que des simulations montrent que plus de 90 pour cent du pétrole déversé dans certaines régions de la mer de Barents serait impossible à récupérer.
Le dilemme norvégien
Bien que la Norvège soit le principal fournisseur de gaz de l’Europe, elle reste en dehors de l’UE et fait pression sur Bruxelles pour lever le gel des forages. Comme de nombreux gisements norvégiens existants s’épuisent, la production devrait baisser d’ici les années 2030, à moins que des entreprises comme Equinor ne trouvent de nouveaux gisements. Malgré cela, KLP, la principale caisse de retraite norvégienne, a soutenu la lettre appelant au maintien de l’interdiction.
Actuellement, l’UE s’oppose à l’achat et à l’exploitation des hydrocarbures de l’Arctique, bien qu’aucun moratoire officiel n’ait été formellement codifié. Un représentant de la Commission a reconnu que l’UE réévaluait sa stratégie arctique pour tenir compte de l’évolution des pressions géopolitiques et économiques, bien qu’aucune décision finale n’ait été prise.
Élaborer une stratégie pour la sécurité à long terme
Jacob Ehlerth Jorgensen, responsable ESG chez Sampension, a fait remarquer que, bien que le fonds reconnaisse l’importance de la Norvège en tant que source d’énergie, le forage dans l’Arctique n’est pas la bonne solution pour la sécurité européenne.
Il a suggéré que l’UE doit décider soit d’accepter les risques importants pour la biodiversité et le climat associés à ces projets, soit de suivre une voie stratégique plus intelligente. (fc)
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