La puissance militaire de l’Europe est compromise par des dépenses disparates, malgré des budgets élevés


Principaux renseignements

  • Les membres européens de l’OTAN possèdent des capacités militaires qui dépassent de loin celles de la Russie.
  • La fragmentation des achats et les égos nationaux sapent cet avantage stratégique.
  • Les experts de Greenpeace proposent donc de repenser les dépenses militaires en Europe.

Une analyse récente de Greenpeace suggère que la sécurité stratégique de l’Europe est compromise par des efforts d’approvisionnement militaire coûteux et disparates. Le rapport, rédigé par Herbert Wulf et Alexander Lurz, soutient que le manque de cohésion dans la planification de la défense entrave la création d’un cadre de sécurité véritablement efficace pour le continent.

Supériorité numérique sur la Russie

Les conclusions indiquent que les membres européens de l’OTAN, associés au Canada, possèdent des capacités militaires qui dépassent de loin celles de la Russie, même en l’absence de soutien américain. Selon les données de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm, les dépenses militaires collectives de ces nations ont atteint environ 626 milliards de dollars en 2025, éclipsant le budget de 190 milliards de dollars de la Russie.

Cet écart financier se reflète dans le matériel : les forces combinées disposent de bien plus d’artillerie, de navires de guerre et d’avions de chasse que l’armée russe. Plus précisément, l’étude note que ces alliés exploitent plus de 2 200 avions de combat, contre environ 1 000 pour la Russie. Ce n’est que dans le domaine des armements nucléaires que les deux camps semblent à égalité.

Fragmentation

Malgré ces avantages, les chercheurs avertissent que l’Europe sabote son propre potentiel par une course aux armements coûteuse et fragmentée. Lurz souligne que le fait de privilégier les augmentations budgétaires au détriment de la coopération revient à ignorer les problèmes systémiques liés à l’ego national et aux structures organisationnelles redondantes.

Le rapport cite l’hélicoptère NH90 — qui a été fabriqué en 17 versions différentes pour huit pays différents — comme un excellent exemple de la manière dont l’absence de normalisation des équipements annule les avantages financiers de la production de masse. De même, les frictions entre la France et l’Allemagne concernant la direction du projet d’avion FCAS sont mises en avant comme un gaspillage de ressources essentielles.

Une nouvelle stratégie

Pour remédier à ces problèmes, l’étude préconise de s’éloigner des objectifs arbitraires de dépenses en pourcentage du PIB. Elle suggère plutôt que les investissements militaires soient fondés sur une évaluation précise des besoins réels en matière de capacités. En coordonnant les efforts au niveau européen, les auteurs affirment que le continent peut combler plus efficacement les vides stratégiques laissés par le retrait de la présence américaine, en particulier dans des domaines tels que le transport lourd, la défense antimissile et le renseignement d’alerte précoce.

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