Principaux renseignements
- Les alliés de l’OTAN prévoient d’investir des centaines de milliards pour atteindre l’objectif de 5 pour cent du PIB consacré à la défense d’ici 2035.
- L’Europe cherche à renforcer son autonomie afin de réduire sa dépendance historique vis-à-vis du soutien militaire américain.
- Les investisseurs considèrent cette hausse à long terme des dépenses de défense comme une mégatendance économique majeure.
Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a annoncé vendredi que les pays membres de l’OTAN allaient consacrer des centaines de milliards d’euros à la défense au cours des prochaines années. Dans un discours prononcé en Suède, Rutte a souligné l’engagement financier croissant des États membres. Il a fait remarquer que de nombreux pays intensifiaient leurs efforts pour atteindre l’objectif de dépenses de 5 pour cent de leur produit intérieur brut d’ici 2035. La Suède, dernier membre en date de l’alliance, vise déjà à atteindre cet objectif d’ici 2030 après un investissement récent de 4 milliards de dollars (3,4 milliards d’euros).
Concilier budgets et capacités industrielles
Selon Rutte, l’augmentation des budgets doit s’accompagner d’une production industrielle effective. Il a fait remarquer que l’alliance menait actuellement des discussions de haut niveau avec les secteurs financier et de la défense afin de garantir que la production soit augmentée pour répondre aux besoins en matière de dissuasion sans provoquer de flambée des prix. Selon Rutte, l’objectif final est de construire une Europe plus autonome, réduisant ainsi sa dépendance historique vis-à-vis des États-Unis. Cela permettrait à Washington de disposer de la flexibilité nécessaire pour se concentrer sur d’autres priorités mondiales, tout en continuant à jouer un rôle important dans la sécurité européenne.
Cette augmentation des dépenses fait suite à une pression considérable exercée par le gouvernement américain sur les pays européens pour qu’ils assument davantage la responsabilité de leur propre défense. Le président américain Donald Trump avait auparavant critiqué l’OTAN et laissé entendre un éventuel retrait des États-Unis. Il a toutefois récemment annoncé que les États-Unis enverraient 5 000 soldats supplémentaires en Pologne. Cette décision intervient après l’élection du président polonais Karol Nawrocki, soutenu par Trump, et annule une décision antérieure du Pentagone visant à annuler le déploiement de troupes dans la région.
Les dépenses et les coûts absolus
La Pologne est actuellement en tête de l’alliance en matière de dépenses de défense par rapport à son économie, y consacrant environ 4,48 pour cent de son PIB en 2025. En revanche, les États-Unis ont dépensé environ 3,22 pour cent de leur PIB l’année dernière. Cependant, les États-Unis restent le principal contributeur financier en termes absolus. L’année dernière, leurs dépenses, qui s’élevaient à 845 milliards de dollars (727,8 milliards d’euros), ont largement dépassé les 559 milliards de dollars (481,5 milliards d’euros) dépensés au total par tous les autres États membres.
Les analystes financiers suggèrent que cette tendance à la hausse des dépenses militaires constitue une mégatendance à long terme pour les investisseurs au cours des quinze prochaines années. Les experts soulignent que, malgré la rhétorique agressive de l’exécutif américain, l’alliance évolue vers une structure plus solide, dans laquelle une Europe renforcée opère au sein d’une OTAN plus équilibrée. (ev)
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