La Suède exhorte l’OTAN à sécuriser le détroit d’Ormuz


Principaux renseignements

  • La Suède exhorte l’OTAN à sécuriser le détroit d’Ormuz afin de protéger le commerce mondial.
  • Les dissensions internes et les différends géographiques entravent une réponse unifiée de l’alliance.
  • Une intervention officielle nécessite l’accord unanime des 32 États membres.

La Suède souhaite laisser la porte ouverte à un éventuel rôle de l’OTAN dans la réouverture du détroit d’Ormuz, selon la ministre suédoise des Affaires étrangères, Maria Malmer Stenergard. Lors d’un entretien avec POLITICO avant une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’OTAN, Mme Stenergard a souligné qu’il était crucial, tant pour la stabilité européenne que suédoise, d’empêcher l’Iran d’utiliser cette voie navigable comme un instrument stratégique. Selon la ministre, garantir la liberté de navigation est essentiel pour le commerce mondial. Elle a toutefois averti que l’alliance devait être consciente des précédents qu’elle crée en intervenant au Moyen-Orient.

Tensions croissantes et frictions internes

Cette urgence découle de la décision de l’Iran de suspendre le trafic maritime commercial à la suite des frappes aériennes américaines et israéliennes. Bien que ce détroit soit un point stratégique par lequel transitent environ 20 % du pétrole mondial, l’OTAN est restée largement en retrait.

Des tensions internes alimentent cette hésitation. Des pays comme l’Italie, l’Espagne, la France et le Royaume-Uni ont limité l’utilisation de leurs bases et de leur espace aérien par l’armée américaine pendant les frappes. Ces désaccords ont incité le président américain Donald Trump à qualifier l’OTAN de « tigre de papier » et à amorcer une réduction de 5 000 soldats américains en Allemagne.

Efforts visant à rouvrir le détroit d’Ormuz

Actuellement, un groupe informel d’environ 40 pays, mené par le Royaume-Uni et la France, dirige les efforts visant à rouvrir le détroit. Certains diplomates suggèrent toutefois qu’une mission officielle de l’OTAN pourrait remplacer cette coalition ou fonctionner en parallèle.

Une telle initiative est considérée par certains comme un moyen de démontrer l’utilité pratique de l’alliance à un gouvernement américain sceptique. Le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Tom Berendsen, soutient cette approche coordonnée et affirme que l’expertise spécialisée de l’OTAN est indispensable.

L’unanimité

Malgré cet intérêt, toute intervention officielle nécessiterait l’accord unanime des 32 États membres. La France a tracé une ligne stricte quant à la portée géographique de l’alliance. Un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères a déclaré que le Traité de l’Atlantique Nord a été spécifiquement conçu pour la région de l’Atlantique Nord et qu’il ne constitue donc pas l’instrument approprié pour traiter les conflits au Moyen-Orient. (ev)

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