Principaux renseignements
- Les cours du pétrole brut ont continué de baisser jeudi matin malgré les inquiétudes liées à la diminution des stocks.
- Les tensions diplomatiques et la fermeture du détroit d’Ormuz alimentent la volatilité du marché.
- Les prélèvements sur les réserves stratégiques annoncent une pénurie imminente de pétrole brut terrestre à l’échelle mondiale.
Jeudi vers 10 h, les cours du pétrole brut ont chuté de plus de 5 pour cent, prolongeant ainsi la tendance baissière observée plus tôt dans la semaine.
Cours actuels
Vers 10 h, les contrats à terme sur le Brent ont chuté de 6,06 pour cent à 105,22 dollars le baril, tandis que les contrats à terme sur le West Texas Intermediate américain ont reculé de 5,48 pour cent à 98,57 dollars le baril, repassant sous la barre des 100 dollars. Cette baisse s’explique par l’optimisme des investisseurs quant aux négociations diplomatiques entre Washington et Téhéran. Des pourparlers ont repris entre les émissaires américains et iraniens au Pakistan. Les deux parties souhaitaient éviter une nouvelle intervention militaire.
Volatilité des marchés
Depuis mercredi, les cours du pétrole sont à nouveau en baisse, les deux indices de référence ayant chuté de plus de 5,6 pour cent pour atteindre leur plus bas niveau de la semaine. Cette baisse est survenue après que le président Donald Trump a indiqué que les pourparlers de paix avec l’Iran étaient sur le point d’aboutir, tout en mettant en garde contre une nouvelle intervention militaire si aucun accord n’était conclu. Les analystes ont fait remarquer que le marché est actuellement hypersensible aux nouvelles en provenance d’Iran et ont averti que l’optimisme entourant ces pourparlers aboutit souvent à une déception. Ils s’attendent à ce que le Brent s’établisse en moyenne autour de 104 dollars le baril ce trimestre.
Les tensions restent vives, l’Iran ayant renforcé son emprise sur le détroit d’Ormuz. En créant l’« Autorité du détroit du golfe Persique », Téhéran a mis en place une zone maritime contrôlée, fermant de fait un passage qui traitait auparavant un cinquième des expéditions mondiales de pétrole et de GNL. Cette fermeture était une réaction aux frappes militaires menées par les États-Unis et Israël qui ont déclenché le conflit le 28 février. Malgré un cessez-le-feu en avril, les États-Unis continuent de maintenir un blocus le long de la côte iranienne.
Réserves stratégiques et contraintes d’approvisionnement
Ces perturbations régionales ont gravement affecté l’approvisionnement mondial, contraignant les nations à s’appuyer fortement sur leurs réserves stratégiques et commerciales. Selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA), les États-Unis ont récemment procédé au plus important prélèvement jamais effectué sur leur réserve stratégique de pétrole, retirant près de 10 millions de barils en une seule semaine.
D’autres données de l’EIA ont révélé que les stocks de brut américains ont baissé plus fortement que prévu. Mingyu Gao, chercheur principal en énergie chez China Futures, a suggéré que de telles réductions drastiques des stocks rendent peu probable le maintien des prix à un niveau bas. Il a prédit qu’avec le détroit d’Ormuz bloqué, les stocks mondiaux de brut et de produits raffinés à terre pourraient atteindre leurs plus bas niveaux saisonniers sur cinq ans d’ici la fin juin. (fc)
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