Principaux renseignements
- L’Allemagne prévoit d’acquérir une participation minoritaire dans le fabricant d’équipements de défense KNDS.
- Berlin exige une influence opérationnelle égale malgré la réduction de sa participation à long terme.
- L’investissement public garantit le maintien de l’expertise nationale en matière de défense et des emplois essentiels.
Après de longues délibérations, le gouvernement allemand a l’intention d’acquérir une participation minoritaire dans KNDS, le fabricant franco-allemand de matériel de défense. Selon une source de la dpa, la stratégie de Berlin consiste à acquérir dans un premier temps une participation de 40 pour cent dans l’entreprise, qui produit l’artillerie Panzerhaubitze 2000 et les chars Leopard 2, puis à réduire cette participation à 30 pour cent sur une période de deux à trois ans.
Valeur boursière potentielle de 20 milliards d’euros
La société, issue de la fusion entre le français Nexter et l’allemand Krauss-Maffei Wegmann, est actuellement contrôlée par l’État français et la famille propriétaire de l’entité allemande. Avec une introduction en bourse potentielle à l’horizon, les analystes estiment la valeur de l’entreprise à environ 20 milliards d’euros.
Dans le cadre de cet accord, les responsables allemands encouragent la France à réduire sa participation de 50 pour cent. De plus, Berlin exige l’assurance que les deux nations conserveront une influence égale sur les décisions opérationnelles cruciales, notamment le choix de l’emplacement des sites de production, indépendamment de la réduction éventuelle de la participation de l’État allemand.
« La propriété publique est essentielle pour préserver l’expertise nationale »
L’investissement, qui sera géré par le ministère de l’Économie, sera tarifé selon les taux de l’introduction en bourse pour les acheteurs institutionnels et privés, garantissant ainsi que le gouvernement allemand ne paie pas de prime excessive.
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large préconisée par le ministre de la Défense Boris Pistorius, qui a suggéré l’année dernière une intervention de l’État dans le secteur de la défense. Dans une précédente interview accordée au Handelsblatt, Pistorius a fait valoir que la participation de l’État était essentielle pour préserver l’expertise et l’emploi nationaux, soulignant que l’État envisageait également un investissement similaire dans le chantier naval TKMS. (fc)
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