Les États-Unis misent sur le développement de navires de combat à propulsion nucléaire


Principaux renseignements

  • La marine américaine relance son programme de cuirassés à propulsion nucléaire (BBG(X)).
  • Ces navires doivent remédier aux contraintes opérationnelles mises en évidence lors de conflits récents.
  • Malgré un coût colossal de 700 milliards de dollars (environ 600 milliards d’euros) pour 15 navires, le programme vise à contrer la menace croissante que représentent les capacités navales avancées de la Chine.

La marine américaine milite pour un retour aux navires de combat de surface à propulsion nucléaire, considérant que l’abandon de ces navires après la guerre froide a été une erreur majeure.

Technologies existantes

L’amiral Daryl Caldell, chef des opérations navales, estime que le nouveau programme de cuirassés BBG(X) permettra de rectifier cette erreur. Il met en avant les avantages opérationnels, imaginant l’impact d’un cuirassé à propulsion nucléaire dans le golfe Persique, offrant une défense aérienne et une puissance de feu soutenues sans nécessiter de ravitaillement.

Répondant aux inquiétudes concernant le coût, Caldell souligne que le BBG(X) s’appuiera sur les technologies existantes, en utilisant le réacteur A1B des porte-avions de la classe Gerald Ford. Cette position marque un changement significatif par rapport à celle qu’il défendait il y a seulement quatre mois, lorsqu’il privilégiait le déploiement rapide au détriment de la propulsion nucléaire en raison des complexités de construction.

Logistique

Les récentes hostilités avec l’Iran ont mis en évidence les limites de la logistique conventionnelle et ont alimenté la volonté de la Marine de se tourner vers l’énergie nucléaire. Le conflit a révélé les vulnérabilités des chaînes d’approvisionnement, suscitant des inquiétudes quant à la durabilité des opérations dans le cadre d’une éventuelle guerre dans le Pacifique contre la Chine ou la Corée du Nord. Les navires de guerre à propulsion nucléaire offrent une portée opérationnelle étendue et réduisent la pression logistique, facteurs cruciaux dans de tels conflits de haute intensité.

Cependant, le programme BBG(X) entraîne des coûts substantiels. Estimé à 700 milliards de dollars pour 15 navires, le coût du cycle de vie de chaque navire devrait s’élever à 46,6 milliards de dollars. Ces navires de guerre colossaux, d’un déplacement compris entre 35 000 et 41 000 tonnes, seront les plus grands navires de combat de surface au monde. Des inquiétudes ont été soulevées quant à la concentration de ressources et de personnel considérables sur un seul objectif, ce qui les rend vulnérables aux missiles antinavires avancés malgré l’évolution des systèmes de défense antimissile. Le président Donald Trump est toutefois favorable aux navires qu’il avait déjà baptisés « classe Trump ».

chine

Le programme BBG(X) est une réponse directe aux capacités croissantes des destroyers de type 055 de la marine de l’APL chinoise, largement considérés comme les navires de combat de surface les plus performants au monde. Les leçons tirées du conflit iranien et les défis anticipés de la guerre dans le Pacifique ont poussé la marine américaine à se lancer dans cette entreprise ambitieuse et coûteuse.

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

Ajoutez fr.businessam.be en tant que source préférée sur Google
Plus