Le gouvernement britannique va nationaliser British Steel


Principaux renseignements

  • Le Premier ministre britannique Keir Starmer a l’intention de nationaliser British Steel.
  • Cette décision fait suite à l’échec des négociations avec les anciens propriétaires chinois et vise à protéger la sécurité nationale et les intérêts économiques en maintenant la production sidérurgique nationale.
  • La nationalisation est considérée comme un tremplin vers l’élaboration d’une stratégie à long terme pour British Steel, comprenant des investissements importants dans sa modernisation et sa croissance.

À la suite de résultats électoraux décevants et d’une possible contestation de son leadership Starmer a annoncé son intention de nationaliser British Steel. Un projet de loi sera présenté cette semaine afin de donner au gouvernement le pouvoir de prendre le contrôle total de British Steel, sous réserve d’une évaluation de l’intérêt public.

Une intervention nécessaire

Cette décision fait suite à l’intervention du gouvernement en avril 2025, qui avait pris le contrôle de l’aciérie de Scunthorpe à ses propriétaires chinois, Jingye, afin d’empêcher la fermeture de hauts fourneaux essentiels. Malgré des discussions avec Jingye, une vente commercialement viable s’est avérée impossible, ce qui a conduit à envisager la nationalisation comme une solution dans l’intérêt supérieur de la nation.

Starmer a souligné que la nationalisation est cruciale pour le bien-être du peuple britannique et s’est engagé à faire taire ses détracteurs en apportant des changements rapides et efficaces. L’industrie sidérurgique a salué cette annonce, y voyant une source de stabilité tant pour les employés que pour la clientèle de British Steel. Gareth Stace, directeur général de UK Steel, a souligné l’importance de maintenir les capacités de production nationales pour la croissance économique, la sécurité nationale et la résilience.

Un catalyseur pour une stratégie à long terme

Tout en reconnaissant l’importance de cette mesure, Stace a souligné que la nationalisation ne devait pas être considérée comme une fin en soi, mais plutôt comme un catalyseur d’un plan à long terme clair et crédible pour British Steel, accompagné d’une stratégie d’investissement solide.

Auparavant, le gouvernement s’était abstenu de nationaliser entièrement British Steel tout en recherchant des investisseurs privés potentiels. L’intervention d’avril a été déclenchée par l’échec des négociations avec Jingye, sur fond d’accusations selon lesquelles l’entreprise chinoise avait l’intention de fermer les hauts fourneaux. Cela constituait une menace sérieuse pour la capacité du Royaume-Uni à produire de l’acier vierge, car la remise en service de fours désactivés est un processus ardu et coûteux.

La production d’acier vierge consiste à extraire le fer de sa source, à le purifier et à le transformer en divers types d’acier utilisés dans de grands projets de construction tels que les bâtiments et les chemins de fer. L’examen de l’intérêt public requis pour la prise de contrôle totale tiendra compte de facteurs tels que la sécurité nationale, la préservation des infrastructures critiques et le soutien économique.

Jingye avait précédemment affirmé que le site de Scunthorpe enregistrait des pertes de 700 000 livres sterling (805 000 euros) par jour et n’était plus viable financièrement avant l’intervention du gouvernement. La BBC estime que le gouvernement dépense actuellement environ 1 million de livres sterling (1,15 million d’euros) par jour pour maintenir à flot cette entreprise déficitaire.

Coûts croissants

Le Bureau national d’audit a révélé en mars que le régime actuel de supervision gouvernementale a coûté 377 millions de livres sterling (430 millions d’euros) pour financer les opérations, les salaires et les achats de matières premières à Scunthorpe. Si ce rythme de dépenses se poursuit, il pourrait dépasser 1,5 milliard de livres sterling (1,7 milliard d’euros) d’ici 2028.

Aucun chiffre précis concernant le coût total de la nationalisation complète de British Steel n’a été divulgué. Une fois la loi approuvée, une évaluation indépendante sera menée afin de déterminer toute indemnisation potentielle due à Jingye. Ce n’est pas la première fois que le gouvernement intervient auprès de British Steel ; l’Insolvency Service a géré l’entreprise pendant neuf mois après sa faillite en 2019, pour un coût de 600 millions de livres sterling (690 millions d’euros).

Les dirigeants syndicaux ont exprimé leur soutien sans réserve à la décision de nationalisation, soulignant l’importance stratégique de la main-d’œuvre hautement qualifiée de British Steel et de sa production d’aciers essentiels pour les secteurs ferroviaire et des infrastructures du Royaume-Uni. Ils ont également appelé le gouvernement à veiller à ce que tous les projets financés par des fonds publics utilisent de l’acier britannique. (fc)

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