Principaux renseignements
- Marco Rubio cherche à apaiser les relations tendues entre les États-Unis et le Vatican lors de sa visite à Rome.
- Les États-Unis disposent d’un levier sur l’Italie grâce à leur présence militaire et à leur influence commerciale, ce qui facilite des discussions plus sereines avec la Première ministre Meloni.
- Contrairement aux négociations diplomatiques traditionnelles, la rencontre de Rubio avec le pape vise à faire appel à la raison et à l’autorité morale plutôt qu’à exercer des pressions.
Marco Rubio, secrétaire d’État américain, se rend à Rome cette semaine pour deux missions diplomatiques cruciales. Il vise à apaiser un différend public avec le Vatican et à détendre les tensions avec la Première ministre italienne Giorgia Meloni concernant des questions de défense et de commerce.
Un levier dans les négociations avec l’Italie
Rubio arrive en Italie avec un levier dans ses négociations avec Meloni. La pression exercée sur l’Italie pour empêcher Donald Trump de retirer les troupes américaines et d’imposer des droits de douane sur les automobiles européennes confère à Washington un avantage stratégique. Meloni a tout intérêt à maintenir des relations constructives. Cependant, Meloni fait également face à des pressions internes : si le message de Trump trouve un écho auprès d’une partie de sa base, l’opinion publique italienne se méfie de plus en plus du président américain depuis la guerre en Iran.
Si la rencontre de Rubio avec Meloni sera également significative, celle au Vatican revêt une importance plus grande. Meloni fait face à des pressions politiques en raison de la dépendance de l’Italie vis-à-vis des États-Unis en matière de garanties de sécurité et de coopération en matière de défense. Elle devrait démontrer son alignement sur les positions américaines par une augmentation des dépenses de défense et des engagements à long terme visant à apaiser Washington sans exiger de concessions publiques immédiates.
Vatican représente un autre défi
Le Vatican représente un défi d’un tout autre ordre. Les relations entre Trump et le pape Léon XIV se sont considérablement détériorées, marquées par des attaques de plus en plus personnelles de la part du président. Il a qualifié le pape de « faible » et de « terrible », et l’a récemment accusé de « mettre en danger de nombreux catholiques ». Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a récemment exprimé sa solidarité avec le pape sur les réseaux sociaux, soulignant que le gouvernement de coalition italien était conscient du malaise de sa base catholique conservatrice face aux attaques de Trump contre le Saint-Père.
Cette visite est une réaction directe à la crise diplomatique persistante entre les États-Unis et le Vatican. Alors que les critiques fusent de part et d’autre, un haut responsable du Vatican a récemment déclaré que la situation continuait de s’aggraver malgré les efforts diplomatiques. Il a critiqué le gouvernement américain pour son manque de stratégie claire, citant des exemples où les efforts diplomatiques de Rubio sont sapés par la rhétorique incendiaire de Trump lui-même.
Appel à la raison et à l’autorité
Rubio a reconnu que ces tensions se répercuteraient sur sa rencontre avec le pape, déclarant qu’il y avait « beaucoup à discuter ». Il a fait écho aux préoccupations de Trump concernant l’Iran, mais a souligné que sa rencontre avec le pape n’était pas une négociation traditionnelle. L’expert du Vatican Francesco Sisci a souligné que le Vatican ne craignait pas les droits de douane, ne dépendait pas du soutien des États-Unis et n’était pas soumis aux pressions politiques habituelles qui influencent les résultats diplomatiques.
Cela place Rubio dans une position inhabituelle : il ne s’agit pas de négocier, mais de faire appel à la raison et à l’autorité morale du Vatican. Les discussions devraient porter sur un large éventail de sujets, notamment le Moyen-Orient, l’Iran et les intérêts communs dans l’hémisphère occidental, comme Cuba.
Les responsables américains ont rejeté les spéculations selon lesquelles Rubio chercherait à obtenir l’approbation du Vatican pour une éventuelle action militaire contre Cuba, soulignant son attachement au catholicisme et son intention d’engager des discussions franches avec l’Église sur les relations entre les États-Unis et le Vatican. (fc)
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