La production pétrolière de l’OPEP chute à son plus bas niveau depuis 36 ans en raison de la guerre en Iran


Principaux renseignements

  • La production pétrolière de l’OPEP a chuté à son plus bas niveau depuis 36 ans en raison de la guerre en cours en Iran et des perturbations des exportations.
  • Le conflit a entraîné une hausse significative des prix des carburants, suscitant des inquiétudes quant à une inflation potentielle et à une récession mondiale.
  • Les tensions internes au sein de l’OPEP se sont intensifiées avec le retrait des Émirats arabes unis de l’organisation, mettant en évidence des désaccords sur les limites de production.

Le mois dernier, la production de pétrole brut de l’OPEP a atteint son niveau le plus bas en 36 ans en raison de la guerre en cours en Iran. Le conflit a gravement perturbé les exportations en provenance du golfe Persique, entraînant de nouveaux arrêts de production. Une enquête de Bloomberg a révélé une baisse de 420 000 barils par jour en avril, portant la production totale de l’OPEP à 20,55 millions de barils par jour, soit le niveau le plus bas depuis 1990. Cette baisse significative est en grande partie due à des pertes de production substantielles au Koweït et en Iran.

8,6 millions de barils de pétrole en moins par jour 

L’impact de la guerre sur l’approvisionnement en pétrole a été dramatique, le mois de mars ayant connu une baisse sans précédent de 8,6 millions de barils par jour. Cette perturbation massive, résultant de la fermeture du détroit d’Ormuz, a considérablement fait grimper les prix de carburants essentiels tels que le kérosène, le diesel et l’essence. Les craintes grandissent quant au fait que cette flambée des prix pourrait déclencher une nouvelle vague d’inflation et potentiellement conduire à une récession mondiale.

Ajoutant à l’incertitude, les efforts diplomatiques visant à résoudre le conflit ont été instables, provoquant des fluctuations spectaculaires des contrats à terme sur le pétrole. Par exemple, des informations suggérant un accord imminent entre les parties ont entraîné une baisse de 7 pour cent des cours du pétrole à Londres mercredi.

Agitation interne au sein de l’OPEP

Par ailleurs, l’OPEP a connu des troubles internes la semaine dernière avec l’annonce du retrait des Émirats arabes unis de l’organisation. Cette décision fait suite à des années de désaccords avec l’Arabie saoudite, chef de file du groupe, concernant les limites de production. L’enquête Bloomberg d’avril inclut les données relatives aux Émirats arabes unis jusqu’au 1er mai, date à laquelle leur départ prendra effet.

Malgré la fermeture du détroit d’Ormuz, plusieurs pays clés de l’OPEP et leurs alliés se sont mis d’accord ce week-end sur une augmentation symbolique de leurs quotas de production pour le mois de juin. Cette mesure vise à poursuivre, au moins en théorie, le processus de rétablissement de la production qui avait été interrompue en raison de la guerre.

La production du Koweït s’effondre

L’enquête a mis en évidence que le Koweït a subi les pertes les plus importantes en avril, sa production quotidienne s’effondrant de 470 000 barils pour atteindre seulement 800 000 barils – soit moins d’un tiers des niveaux d’avant-guerre. Les données de suivi des pétroliers compilées par Bloomberg ont montré que les exportations du Koweït avaient chuté à seulement 22 000 barils par jour.

L’Iran suivait de près, parvenant initialement à maintenir ses exportations et à empêcher d’autres pays d’utiliser le détroit. Cependant, le pays subit désormais la pression d’un blocus américain sur ses expéditions. Le Commandement central américain a indiqué avoir redirigé 50 navires depuis le début du blocus, le 13 avril. En conséquence, la production de l’Iran a chuté de 180 000 barils par jour pour s’établir à 3,05 millions de barils par jour, doublant ainsi la baisse de sa production depuis le début de la guerre.

L’enquête de Bloomberg sur la production s’appuie sur une combinaison de données de suivi des navires, d’informations provenant de responsables et d’estimations fournies par des consultants en énergie tels que Rapidan Energy Group, FGE NexantECA, Kpler et Rystad Energy. (fc)

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