De plus en plus de compagnies aériennes annulent des vols en raison des prix élevés du kérosène

Le conflit au Moyen-Orient pèse de plus en plus lourdement sur le secteur aérien. La fermeture du détroit d’Ormuz fait grimper les prix du pétrole en flèche. De ce fait, de plus en plus de compagnies aériennes se voient contraintes d’annuler des vols.


Principaux renseignements

  • Le conflit au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d’Ormuz font grimper les prix du pétrole et du kérosène, ce qui met le secteur aérien sous pression.
  • Des compagnies aériennes telles que Lufthansa, KLM et Transavia annulent des vols pour réduire leurs coûts et faire face à d’éventuelles pénuries de carburant ; les aéroports mettent également en place des restrictions.
  • Pour l’instant, la hausse des prix du pétrole ne semble pas près de s’arrêter. Le prix du baril de Brent, la référence pour le pétrole négocié en Europe, oscille autour de 106 dollars.

À la une : face à la hausse des prix du kérosène, les compagnies aériennes réduisent leur offre.

  • La compagnie allemande Lufthansa a déjà annoncé la semaine dernière l’annulation de 20 000 vols. La compagnie espère ainsi économiser environ 40 000 tonnes de kérosène.
  • La compagnie aérienne néerlandaise KLM limite également temporairement le nombre de ses vols. Au cours du mois prochain, 160 vols au départ de l’aéroport de Schiphol seront supprimés. KLM indique dans un communiqué de presse que cela concerne moins de 1 pour cent des vols en Europe et qu’il n’y a pas (encore) de pénurie de kérosène.
  • Les aéroports de Bologne, Milan Linate, Trévise et Venise ont mis en place des restrictions sur le kérosène début avril.
  • Transavia suit désormais l’exemple de Lufthansa et de KLM. « Les vols supprimés représentent environ 2 pour cent du programme de vols de la compagnie aérienne », a déclaré un porte-parole de la filiale de KLM à l’agence de presse AFP.
    • « Les clients auront le choix entre un changement de réservation gratuit, un bon d’achat ou le remboursement intégral de leur billet », précise-t-il.

À noter : des données récentes de Cirium, une société spécialisée dans les données et l’analyse aéronautiques, montrent que les compagnies aériennes ont considérablement revu à la baisse leurs prévisions de capacité pour 2026.

  • Alors qu’une croissance de 3,4 pour cent était encore attendue en avril, on prévoit désormais une baisse de 2 pour cent sur une base annuelle.

Que fait Ryanair ?

À noter également : Ryanair, la plus grande compagnie aérienne d’Europe en termes de nombre de passagers, n’a pas encore modifié son offre.

  • Michael O’Leary, PDG de Ryanair, avait toutefois averti début avril que des perturbations pourraient survenir dans les livraisons de kérosène début mai. « Si la guerre se poursuit, nous risquons bien des interruptions d’approvisionnement en Europe en mai et juin », a-t-il déclaré dans une interview accordée à Sky News.
  • Selon le dirigeant, 5 à 10 pour cent des vols pourraient être annulés dans les mois à venir si la situation ne s’améliore pas.
    • « Ryanair ne décide pas elle-même quelles liaisons seront supprimées. Les restrictions dépendent des aéroports qui se retrouveront effectivement à court de carburant », a-t-il précisé.

Le prix du pétrole reste au-dessus de 100 dollars le baril

Zoom arrière : les prix du pétrole ne baissent pas pour l’instant.

  • Le prix du baril de Brent, la référence pour le pétrole négocié en Europe, oscille autour de 106 dollars. La situation au Moyen-Orient reste donc très incertaine. Actuellement, le détroit d’Ormuz reste fermé, mais l’Iran a entre-temps proposé aux États-Unis de lever le blocus. Le pays demande toutefois que les discussions sur le programme nucléaire iranien soient reportées.
  • Les analystes s’inquiètent de cette impasse, neuf semaines après le début du conflit. On craint que le prix du pétrole ne reste encore longtemps au-dessus de 100 dollars le baril.

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