Principaux renseignements
- Le dollar américain s’affaiblit en raison de la baisse de la demande d’actifs refuges et de la hausse des pressions inflationnistes.
- Un dollar plus faible a des conséquences désastreuses sur l’inflation, car les produits que les États-Unis importent de l’étranger deviennent plus chers.
- L’économiste Peter Schiff exhorte les investisseurs à se désengager du dollar et de la dette publique, recommandant l’or comme couverture contre l’inflation.
L’économiste Peter Schiff s’est récemment exprimé sur l’affaiblissement du dollar américain dans un contexte de hausse des prix du pétrole et des rendements obligataires. Il a observé que l’indice du dollar était tombé sous la barre des 98, effaçant les gains antérieurs attribués aux tensions géopolitiques.
Le dollar sous pression
Schiff a attribué cette baisse à une diminution de la demande d’actifs refuges et à l’augmentation des pressions inflationnistes sur les marchés de l’énergie. Il a également suggéré que la reprise limitée du dollar pendant la période d’incertitude récente indiquait un manque de soutien solide à long terme.
L’économiste a averti que la persistance des prix élevés du pétrole et la hausse des rendements pourraient continuer à exercer une pression sur le dollar. Il a souligné que la flambée des coûts énergétiques et des taux d’intérêt alimente l’inflation, mettant encore davantage à mal la position du dollar sur la scène mondiale.
Les prix élevés du pétrole alimentent l’inflation
Les prix du pétrole restent élevés, dépassant les 110 dollars le baril, sous l’effet des inquiétudes liées à l’offre et de l’instabilité géopolitique. Ces coûts énergétiques élevés contribuent directement aux anticipations d’inflation dans les secteurs des transports et de la production, entraînant des ajustements des modèles de tarification sur les marchés.
Le rendement des obligations d’État américaines (rendement des obligations à 10 ans des États-Unis) a récemment baissé à 4,38 pour cent après avoir atteint, le 29 mars, son plus haut niveau en neuf mois. La hausse précédente reflétait des données d’inflation solides et des conditions de marché du travail tendues. Schiff a noté que la hausse des rendements signale souvent des tensions budgétaires et un changement de sentiment des investisseurs à l’égard de la dette publique.
La faiblesse du dollar aggrave l’inflation
Schiff a précédemment déclaré que la faiblesse du dollar tend à exacerber l’inflation en augmentant les coûts d’importation et en renchérissant les matières premières telles que le pétrole à l’échelle mondiale. Il prévoit une pression continue sur le pouvoir d’achat si ces tendances persistent. Il reconnaît toutefois que les fluctuations actuelles du dollar reflètent principalement des mouvements de liquidités mondiaux plutôt qu’un déclin définitif à long terme.
Dans une interview accordée à Resource Talks, Schiff a indiqué qu’il était dans l’intérêt des investisseurs de se débarrasser de leurs dollars et de leurs obligations d’État pour se tourner vers l’or afin de se protéger contre l’inflation. Schiff a également présenté des prévisions pessimistes concernant l’indice Dow Jones Industrial Average par rapport au cours de l’or pour les années à venir. Il n’exclut pas la possibilité d’un revirement spectaculaire du rapport Dow/or, ce qui entraînerait un prix nominal de l’or très élevé par rapport aux niveaux du S&P/Dow.
Schiff a souligné que les investisseurs sont trop optimistes quant à une résolution rapide du conflit et à un effondrement consécutif des prix de l’énergie. Il estime qu’ils sous-estiment les risques géopolitiques et négligent les facteurs structurels qui maintiendront les prix du pétrole à un niveau élevé pendant une période prolongée, même si le conflit actuel au Moyen-Orient venait à prendre fin.
Une approche erronée de la Réserve fédérale
Schiff a également fait valoir que lorsque la Réserve fédérale maintient les taux d’intérêt stables malgré une inflation en hausse, cela revient en fait à une baisse des taux, car le taux réel (taux nominal moins inflation) diminue.
Il a clarifié une distinction macroéconomique cruciale souvent négligée par les analystes : les chocs énergétiques ont tendance à eux seuls à induire des pressions récessionnistes, tandis que l’inflation généralisée ne survient qu’après que les banques centrales ont réagi par des politiques monétaires accommodantes.
Schiff a souligné que les anticipations d’inflation des consommateurs restent élevées même si la Réserve fédérale n’a pas encore assoupli sa politique monétaire. Il a fait valoir que la hausse des prix du pétrole n’est pas intrinsèquement inflationniste, mais plutôt récessionniste. C’est la réponse de la banque centrale à ces hausses de prix, notamment par la création monétaire et les baisses de taux d’intérêt, qui déclenche en fin de compte l’inflation.
Au cours de l’interview, Schiff a ensuite critiqué Jerome Powell, président sortant de la Réserve fédérale, pour avoir maintenu les taux d’intérêt à un niveau excessivement bas pendant une longue période et toléré une inflation supérieure à l’objectif fixé, au lieu de prendre des mesures énergiques alors que le problème était encore mineur.
Perspectives haussières sur l’or
Schiff affirme que la tendance haussière de l’or reste intacte, malgré les ventes ponctuelles de certaines banques centrales qui liquident leurs réserves d’or pour financer leurs importations de pétrole ou soutenir leur monnaie.
Vendredi, les contrats à terme sur l’or ont clôturé à 4 661,40 dollars l’once et l’or au comptant s’échange actuellement à 4 613,84 dollars l’once, mais Schiff reste résolument optimiste à long terme. Il prévoit que l’or pourrait dépasser les 6 000 dollars d’ici fin 2026, voire atteindre 25 000 à 50 000 dollars dans des scénarios extrêmes en cas de crise totale de la dette souveraine.
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