Principaux renseignements
- La crise en Iran menace l’économie britannique en raison de la hausse des prix de l’énergie et de la baisse de la confiance des entrepreneurs.
- Les entreprises britanniques réduisent leurs plans de dépenses et se préparent à d’éventuelles pertes d’emplois en réponse à l’instabilité géopolitique et à la hausse des coûts.
- La flambée des prix de l’énergie, alimentée par le conflit avec l’Iran, pourrait pousser le Royaume-Uni au bord de la récession.
L’escalade du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran a provoqué une onde de choc dans l’économie britannique, pouvant entraîner des pertes d’emplois et un ralentissement de la croissance. Les principaux cabinets d’expertise comptable ont publié des rapports soulignant la grave menace économique que représente cette crise.
Stagnation économique prévue
EY Item Club prévoit une stagnation de l’économie britannique au cours des deuxième et troisième trimestres de cette année. Ce ralentissement s’explique par la flambée des prix de l’énergie, provoquée par la fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran et les attaques contre ses voisins. Par conséquent, cette situation pourrait plonger le pays dans une récession, caractérisée par deux trimestres consécutifs de contraction économique.
En parallèle, le rapport de Deloitte révèle que les directeurs financiers des grandes entreprises britanniques réduisent déjà leurs investissements. Cette mesure risque de freiner davantage l’activité économique et le recrutement. Enfin, l’EY Item Club anticipe une hausse du chômage à 5,8 pour cent d’ici la mi-2027, ce qui entraînerait près de deux cent cinquante mille suppressions d’emplois.
Flambée des coûts énergétiques
Matt Swannell, conseiller économique en chef de l’EY Item Club, prévient que la flambée des coûts énergétiques et les perturbations de la chaîne d’approvisionnement mèneront le Royaume-Uni au bord d’une récession technique. Il souligne que la baisse du pouvoir d’achat des consommateurs, la hausse des coûts de financement et l’incertitude économique mondiale dissuaderont les entreprises d’investir.
Ces perspectives sombres font suite à un récent rapport du Fonds monétaire international (FMI) qui a revu à la baisse les prévisions de croissance du Royaume-Uni pour 2026 à 0,8 pour cent, soit la plus forte baisse parmi les pays du G7. L’EY Item Club prévoit que l’inflation grimpera à près de 4 pour cent au second semestre 2026, soit le double de l’objectif de la Banque d’Angleterre, mais s’attend à ce que les décideurs politiques s’abstiennent de hausses précipitées des taux d’intérêt.
La confiance des entreprises recule
L’enquête de Deloitte auprès des directeurs financiers révèle une forte baisse de la confiance des entreprises. Le sentiment net des responsables financiers a chuté à -57 pour cent entre le 16 et le 30 mars, contre -13 pour cent au trimestre précédent. Par ailleurs, les développements géopolitiques s’imposent désormais comme le risque externe le plus important pour les sociétés.
Ian Stewart, économiste en chef chez Deloitte, explique que les responsables financiers font face à une incertitude élevée. C’est pourquoi ces derniers privilégient la gestion des risques liés à la géopolitique, à la flambée des prix de l’énergie et à l’augmentation des coûts de financement. Enfin, les directeurs financiers identifient les coûts de l’énergie, l’inflation, les taux d’intérêt et les cyberattaques comme leurs trois préoccupations majeures pour les trois prochaines années.
Le conflit en Iran pourrait entraîner une inflation
La crise iranienne a des répercussions immédiates sur les coûts énergétiques, ce qui pourrait alimenter l’inflation et entraîner des hausses des taux d’intérêt. Il convient de noter que les États-Unis ont signalé une recrudescence des cyberattaques liées à l’Iran visant des infrastructures critiques. En réponse à cette aggravation des risques, les directeurs financiers adoptent des stratégies financières plus défensives, notamment des mesures de contrôle des coûts et la constitution de réserves de trésorerie. Ce virage vers le conservatisme reflète les projections d’EY Item Club, qui tablent sur un ralentissement de la croissance économique. (fc)
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