Principaux renseignements
- Le cours de l’action Kering a fortement chuté en raison de ventes de Gucci inférieures aux prévisions, ce qui met la pression sur le nouveau PDG pour qu’il redynamise la marque.
- Hermès a également enregistré une baisse de ses ventes, principalement attribuée à l’impact du conflit au Moyen-Orient sur les voyages et les dépenses de luxe.
- L’absence de touristes à fort pouvoir d’achat en provenance du Moyen-Orient a eu un impact négatif tant sur Kering que sur Hermès, soulignant l’importance de cette région pour les marques de luxe.
Les actions des maisons de luxe françaises Kering et Hermès ont connu une baisse significative le mercredi 15 avril. Cette chute fait suite à la publication par les deux entreprises de chiffres d’affaires inférieurs aux prévisions des analystes. Le conflit en cours au Moyen-Orient a été cité comme un facteur contributif, affectant l’activité sur un marché crucial pour ces marques.
Les résultats décevants de Gucci
Le cours de l’action Kering a chuté de 10,1 pour cent à 251,80 euro à la Bourse de Paris, tandis que celui d’Hermès a reculé de 10,5 pour cent à 1 601 euro. Le chiffre d’affaires de Kering au premier trimestre a baissé de 3 pour cent après ajustement des fluctuations monétaires, en grande partie en raison des performances plus faibles de sa marque phare, Gucci. Les ventes de Gucci ont baissé de 8 pour cent, ce qui représente une amélioration par rapport à la chute de 10 pour cent enregistrée au trimestre précédent, mais dépasse tout de même les prévisions des analystes, qui tablaient sur un recul de 6 à 7 pour cent.
Pression sur le nouveau PDG de Kering
Ces résultats décevants accentuent la pression sur le nouveau PDG de Kering, Luca de Meo, chargé de redynamiser Gucci sous la direction artistique de Demna. De Meo doit présenter jeudi à Florence, en Italie, sa vision stratégique pour la marque, lors d’un événement baptisé « ReconKering ».
Les analystes ont noté que, bien que Kering semble s’engager dans une direction positive sous la direction de de Meo, la reprise chez Gucci ne s’est pas encore traduite dans les résultats financiers. Le calendrier de ce redressement reste incertain.
Croissance reste en deçà des prévisions
Hermès a également ressenti l’impact de la baisse des ventes au Moyen-Orient due aux perturbations des voyages et à la perte de touristes à fort pouvoir d’achat provenant de cette région. Son chiffre d’affaires global a reculé de 1,4 pour cent à 4,1 milliards d’euros, reflétant un impact monétaire substantiel de 290 millions d’euros, l’euro fort ayant rendu ses produits de luxe plus chers.
Hors effet de change, le chiffre d’affaires d’Hermès a augmenté de 5,6 pour cent au cours du trimestre, restant toutefois en deçà des attentes du marché. La croissance des maroquineries, principal moteur de profit d’Hermès, a atteint 9,4 pour cent à taux de change constants, un chiffre inférieur aux projections des analystes qui tablaient sur plus de 10 pour cent. Les ventes de prêt-à-porter n’ont progressé que légèrement, de 0,4 pour cent, un résultat nettement inférieur à l’estimation de Bernstein qui s’élevait à près de 5 pour cent.
Hermès a attribué la perte de « près de 1,5 point de pourcentage » de croissance au conflit au Moyen-Orient. Le directeur financier, Eric du Halgouet, a déclaré que si les mois de janvier et février avaient connu une forte croissance à deux chiffres, les ventes s’étaient brusquement arrêtées en mars, avec une baisse de 40 pour cent dans la région. Il a également noté que les ventes en Grande-Bretagne, en Italie et en Suisse avaient également été affectées négativement par l’absence de la clientèle du Moyen-Orient. (fc)
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