Le Bureau fédéral du Plan met en garde contre le fait que la réforme des retraites entraînera une baisse des pensions et un accroissement des inégalités

Une analyse détaillée du Bureau fédéral du Plan montre que la réforme des retraites du gouvernement De Wever pourrait avoir des conséquences considérables. Cette réforme s’accompagne d’une baisse des retraites, d’une augmentation des inégalités et d’un risque accru de pauvreté.


Principaux renseignements

  • La réforme des pensions vise à réduire les coûts du vieillissement de la population, mais elle entraîne une baisse des pensions moyennes, surtout à long terme.
  • Les mesures accentuent également les inégalités : les petites pensions baissent plus fortement que les grandes, et l’écart entre les hommes et les femmes se creuse.
  • Jan Jambon (N-VA), ministre des Pensions, rétorque que la réforme assure une harmonisation progressive entre les régimes de pension.

Contexte : Le gouvernement De Wever souhaite, par une réforme des pensions, maintenir les pensions à un niveau abordable.

  • Au début de cette année, le gouvernement De Wever a remplacé le bonus de pension de la législature précédente par son propre système. Quiconque travaille au-delà de l’âge de la retraite (66 ans, ou 67 ans à partir de 2030) et a accumulé suffisamment d’années de travail (35 ans sur 156 jours travaillés ou assimilés) peut augmenter le montant de sa pension.
    • À partir de 2027, la pénalité de retraite sera également intégrée à ce système. Les personnes qui n’ont pas suffisamment travaillé et qui partent en retraite trop tôt perdront une partie de leur pension en raison de cette pénalité.
  • Les règles pour ceux qui souhaitent prendre une retraite anticipée seront toutefois assouplies. À partir de l’année prochaine, il suffira d’avoir 42 années de travail à son actif pour pouvoir partir. Cela signifie que ceux qui ont commencé à travailler à 18 ans pourront prendre leur retraite à 60 ans. Actuellement, cela n’est possible qu’après une carrière de 44 ans ou à partir de 63 ans après 42 ans de carrière.
  • Les partis au pouvoir étaient déjà parvenus à un accord en mars sur les détails de la réforme. La commission des Affaires sociales de la Chambre a désormais également approuvé les mesures après une première lecture. Normalement, la réforme aurait dû être approuvée dès le 1er avril. Mais le Bureau du Plan n’avait pas encore terminé son étude d’impact à ce moment-là.

Que dit l’étude d’impact du Bureau fédéral du Plan ?

Dans l’actualité : selon l’étude du Bureau fédéral du Plan, la réforme permettra de réduire les coûts liés au vieillissement de la population de 1 pour cent du produit intérieur brut (PIB) d’ici 2050. D’ici 2070, les économies devraient atteindre 1,7 pour cent du PIB. Mais ces projets de réforme des pensions ont un coût élevé.

  • Pour commencer, les pensions moyennes (brutes) vont baisser. Pour les nouveaux retraités, il s’agit d’une baisse moyenne de 2,4 pour cent d’ici la fin du mandat.
    • Lorsque toutes les mesures auront atteint leur plein régime, la pension brute moyenne sera même inférieure de 5,6 pour cent.
      • La baisse est la plus importante chez les fonctionnaires : d’ici 2070, leur pension sera en moyenne inférieure de plus de 15 pour cent à ce qu’elle aurait été sans réforme. Pour les salariés, la baisse sera d’environ 7 pour cent et pour les indépendants, d’un peu plus de 3 pour cent. Selon le Bureau du Plan, cela s’explique principalement par la suppression de règles favorables aux fonctionnaires, telles que les interruptions de carrière avantageuses et les salaires de référence.
  • Selon l’étude, les inégalités vont également s’accentuer. À la fin du mandat, le montant brut moyen des pensions (pour les nouveaux retraités) baissera de 7,4 pour cent pour les pensions les plus faibles. Pour les pensions les plus élevées, le montant augmentera même de 1,1 pour cent.
    • Une fois que toutes les mesures auront atteint leur plein effet, les pensions les plus basses baisseront de 12,1 pour cent et les plus élevées de 5,7 pour cent.
  • Il apparaît en outre que l’écart de pension entre les hommes et les femmes s’élargit. La pension moyenne des femmes baissera de 2,6 pour cent en raison de ces mesures, contre 2,3 pour cent pour les hommes. Cela s’explique notamment par le fait que les femmes travaillent beaucoup plus souvent à temps partiel que les hommes.
  • Le risque de pauvreté augmente également. Chez les nouveaux retraités, il grimpe de 0,4 point de pourcentage, passant de 5,9 pour cent à 6,3 pour cent. La principale explication de cette augmentation est la suspension des indexations sur le pouvoir d’achat, en particulier celles des pensions minimales.

Focus sur l’impact budgétaire

Autre point : Jan Jambon (N-VA), ministre des Pensions, a évoqué lundi soir, dans une réaction à l’étude d’impact, l’impact budgétaire de la réforme.

  • « La réforme assure une harmonisation progressive entre les régimes des salariés, des indépendants et des fonctionnaires, et réduit l’écart de retraite entre les hommes et les femmes parmi les personnes déjà à la retraite », a-t-il déclaré.
  • Jambon a également fait remarquer que la mesure responsable de la légère augmentation du risque de pauvreté – la suspension temporaire de l’enveloppe de prospérité au cours de cette législature – ne fait pas partie de la loi sur les pensions. « La réforme de l’indexation sur la prospérité pour les salariés, les indépendants et les fonctionnaires sera encore élaborée dans les années à venir », a déclaré le ministre.

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