Principaux renseignements
- Le Japon a considérablement renforcé sa participation militaire aux exercices Balikatan, en déployant un important contingent de personnel et des équipements militaires de pointe.
- Ce déploiement souligne l’engagement croissant du Japon en faveur de la sécurité régionale dans un contexte de tensions montantes liées aux actions affirmées de la Chine.
- En intégrant des systèmes sophistiqués tels que des missiles antinavires et en participant à des opérations conjointes complexes, le Japon démontre l’évolution de ses capacités axées sur le déni d’accès maritime et la défense des îles.
La participation du Japon aux exercices militaires Balikatan de cette année aux Philippines a été considérablement renforcée, marquant un tournant crucial dans son rôle en matière de sécurité régionale. Les Forces d’autodéfense (FAD) déploieront environ 1 400 membres ainsi que plusieurs navires de guerre, avions et systèmes de missiles antinavires. Cela fait du Japon le troisième contributeur en importance à ces exercices, qui se déroulent du 20 avril au 8 mai.
Un engagement croissant
Le personnel proviendra de toutes les branches des FAD, y compris les unités terrestres, maritimes, aériennes, cyber et médicales. Ce déploiement est rendu possible par un accord sur les forces en visite entre le Japon et les Philippines, entré en vigueur en septembre dernier, et souligne l’engagement croissant de Tokyo en faveur de la sécurité régionale dans un contexte de tensions accrues dans la région indo-pacifique.
Le Japon et les Philippines partagent les mêmes préoccupations concernant l’expansion des capacités militaires de la Chine et son comportement assertif dans la région. Alors que le Japon envoyait déjà des observateurs à Balikatan depuis 2012 et y avait participé avec une présence limitée l’année dernière, son implication cette année représente une augmentation substantielle. Les FAD mèneront des activités hautement intégrées et interdomaines, démontrant ainsi l’évolution de leurs capacités.
Capacités en évolution
L’intégration de capacités navales, de transport aérien, amphibies, de défense antimissile et cybernétiques, ainsi que la participation à des exercices de tir réel, suggèrent que le Japon utilise Balikatan pour répéter des opérations conjointes complexes reflétant les scénarios envisagés dans la planification de défense régionale. Ces exercices couvriront un large éventail d’activités, notamment des missions maritimes multinationales, la guerre amphibie, des manœuvres de contre-débarquement, des frappes maritimes, la défense aérienne et antimissile intégrée, la réponse aux cyberattaques, des opérations médicales interarmées et la réparation de pistes d’atterrissage.
Ce déploiement souligne l’engagement du Japon à maintenir un environnement de sécurité stable qui décourage toute modification unilatérale du statu quo par la force. Il convient de noter que les FAD déploieront leur système de missiles antinavires terrestres de type 88, capable de cibler des navires hostiles dans un rayon de 100 kilomètres. Cela indique une priorité accordée aux opérations de déni d’accès maritime et de défense des îles.
Capacités de déni d’accès maritime
Le déploiement inclura également l’un des plus grands navires de guerre du Japon, le porte-hélicoptères Ise, qui peut servir de plate-forme de commandement et de contrôle et soutenir les opérations d’hélicoptères. Cela le rend particulièrement adapté à la répétition d’opérations amphibies, logistiques et humanitaires.
Parmi les autres participants des FAD figurent le navire de débarquement Shimokita, le destroyer Ikazuchi, l’avion de transport C-130H et l’avion de sauvetage amphibie US-2. Balikatan verra également la participation de troupes venues d’Australie, du Canada, de France et de Nouvelle-Zélande, tandis que 17 autres nations enverront des observateurs. L’édition de cette année devrait être la plus complexe à ce jour.
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